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Une information judiciaire ouverte contre Volkswagen en France

Le constructeur allemand est empêtré depuis septembre 2015 dans ce scandale.

Le constructeur allemand est empêtré depuis septembre 2015 dans ce scandale. - AFP-RALF-HIRSCHBERGER

"Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire pour "tromperie aggravée" à l'encontre du constructeur automobile allemand soupçonné d'avoir triché aux tests antipollution."

La justice française se mêle du scandale Volkswagen. Accusé de "tromperie aggravée", le constructeur automobile fait l’objet d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris le 19 février, d’après une source judiciaire citée mardi par l’AFP.

L’entreprise allemande est soupçonnée d'avoir équipé des véhicules d'un logiciel permettant de tromper les contrôles antipollution. Cette enquête concerne les véhicules de la marque vendus en France. Trois juges d'instruction ont été désignés pour la mener à bien.

Démission du président du directoire

Depuis l’éclatement de l'affaire le 18 septembre 2015, le constructeur allemand est empêtré dans ce scandale, qui a provoqué la démission du patron du groupe Martin Winterkorn, le dépôt de plaintes et l'ouverture d'enquêtes dans de nombreux pays. Elles sont en cours en Italie, en Allemagne, aux États-Unis, et en Corée du Sud. En France, huit clients de la firme l'ont assigné en justice et demandent le remplacement de leur véhicule.

Mardi soir, la filiale française du groupe Volkswagen réagissait en soulignant qu'elle continuerait à "coopérer" avec les autorités et insistait sur la "présomption d'innocence", rappelant que pour l'instant "Volkswagen n'a pas eu accès aux dossiers d'enquête et n'a pas pu faire valoir ses arguments".

La fraude avait été découverte par l'International Council on Clean Transportation, une organisation non-gouvernementale basée aux États-Unis et en Allemagne. Elle avait alerté des chercheurs de l'université de Virginie Occidentale qui, après des tests indépendants, ont effectivement mis au jour d'étranges écarts entre les émissions réelles et déclarées de gaz polluants. 11 millions de véhicules vendus à travers le monde avaient été équipés d’un logiciel sophistiqué permettant de tromper les mesures, avait avoué Volkswagen le 22 septembre dernier.

18 milliards de dollars d'amende?

Le géant allemand risque potentiellement une amende pouvant aller jusqu'à 18 milliards de dollars -soit environ 16 milliards d'euros-, ce qui représenterait environ 1,5 fois son bénéfice de 2014 (de 10,9 milliards d'euros). Certains experts pensent que l’amende ne dépassera pas les 6,5 milliards d'euros. 

A.R. avec AFP