BFM Business

Une année 2016 en berne pour Boeing

Le Boeing 737 MAX-8 a enregistré  a enregistré une commande tardive de 75 avions

Le Boeing 737 MAX-8 a enregistré a enregistré une commande tardive de 75 avions - Stephen Brashear - Getty Images - AFP

L'avionneur américain a accusé à la fois une baisse de ses prises de commandes et de ses livraisons. Il est néanmoins fort possible qu'il batte son vieux rival Airbus.

L'avionneur américain Boeing a enregistré une baisse de ses commandes et de ses livraisons d'avions commerciaux en 2016 par rapport à l'année précédente, alors que son carnet de commandes est également en légère diminution, selon des chiffres publiés vendredi.

Sur l'ensemble de l'année 2016, Boeing a livré 748 appareils, contre 762 l'année précédente, et a enregistré 668 commandes nettes contre 768 fin 2015, soit une baisse de 13%.

La valeur des commandes représentait 94,1 milliards de dollars au prix catalogue et le carnet de commande total s'établissait au 31 décembre à 5.715 avions à produire, contre 5.795 à la fin 2015, une baisse de 80 appareils.

Airbus en mauvaise posture

L'avionneur n'est toutefois pas arrivé à réaliser son objectif de voir le nombre des commandes égaler celui des livraisons sur l'année. Sur le seul quatrième trimestre, il a livré 185 appareils pour 188 au trimestre précédent.

Il se livre à une concurrence féroce avec son rival européen Airbus. Celui-ci avait indiqué début novembre que les commandes nettes reçues entre janvier et octobre 2016 s'établissaient à 395 appareils et celui des livraisons à 516 pour un objectif annuel de 650 à 670 appareils, le plaçant loin derrière son rival américain.

L'avion monocouloir 737 reste la meilleure vente de Boeing, avec 490 livraisons en 2016 et 550 commandes nettes, pour un carnet de commandes total de 4.452 unités soit 78% du total. Suit le gros porteur de nouvelle génération 787 avec 137 livraisons et 58 commandes nettes.

Difficultés sur le 747

Boeing avait annoncé mercredi une nouvelle commande, inscrite sur ses livres pour 2016, de 75 avions 737 MAX-8 par la filiale de General Electric chargée de la location d'avions (GECAS)et de 5 appareils supplémentaires par la compagnie tchèque SmartWings.

Le 747, lancé en 1969, a vu le nombre de ses livraisons chuter de moitié à 9 appareils. Boeing avait renoncé l'année dernière à augmenter la cadence de production de la plus récente version de cet avion gros-porteur, le 747-8, à un avion par mois, au lieu d'un tous les deux mois, à compter de 2019. L'avionneur avait aussi évoqué l'hypothèse de mettre fin à la production de cet avion légendaire si les commandes, qui s'élèvent actuellement au total à 28 appareils, ne suivaient pas. Le concurrent chez Airbus, l'A380, se vend également mal.

Quant au 777, dont Boeing avait également annoncé en décembre un ralentissement de la production de 7 appareils par mois, sur une base de 33, à partir de janvier, il s'en est livré 99 l'année dernière, soit un de plus qu'en 2015. Enfin, le 767 a été livré à 13 exemplaires (-3).

Un chiffre d'affaires à plus de 90 milliards de dollars

Les marchés surveillent généralement plus particulièrement les livraisons, car elles sont le baromètre de la santé financière d'un groupe aéronautique, une compagnie aérienne payant traditionnellement quand elle prend possession de l'appareil, avec en conséquence un impact sur le chiffre d'affaires du constructeur.

L'action Boeing prenait 0,53% à 159,55 dollars à Wall Street vers 19h.

Boeing avait indiqué en octobre qu'il entendait livrer en 2016 plus d'avions qu'initialement prévu, avec un chiffre compris entre 745 et 750 avions. Il aura donc in fine tenu cet objectif. Le groupe avait également indiqué prévoir pour l'ensemble de l'année un chiffre d'affaires compris entre 93,5 et 95,5 milliards de dollars. Les attentes du marché pour le chiffre d'affaires annuel sont, en moyenne, de 94,4 milliards de dollars, au milieu de cette fourchette. Boeing doit publier ses résultats annuels le 25 janvier.

J.M. avec AFP