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Transport ferroviaire : Siemens courtise toujours Alstom

Le président du directoire de Siemens tend la main à Alstom en vue de rapprocher les branches transport des deux groupes.

Le président du directoire de Siemens tend la main à Alstom en vue de rapprocher les branches transport des deux groupes. - AFP Eric Piermont

L'industriel allemand appelle toujours de ses voeux un rapprochement de sa branche transport avec Alstom. Son patron, Joe Kaeser, justifie cette éventuelle fusion par la montée en puissance de la concurrence asiatique.

Siemens n'a pas renoncé à rapprocher sa branche transport de celle d'Alstom après son échec de 2014. Dans un entretien au Figaro, Joe Kaeser tend la main à son rival industriel français. " Dans le domaine du transport, une consolidation entre entreprises européennes reste encore possible" affirme le président du directoire du géant industriel allemand.

S'il juge souhaitable de rapprocher le TGV français avec l'ICE allemand, c'est avant atout pour constituer un acteur européen plus puissant et à même de contrer les nouveaux géants asiatiques du transport. "Depuis qu'Alstom a décliné notre offre l'an dernier, les deux principaux constructeurs chinois de matériel roulant ferroviaire ont fusionné, formant un groupe trois fois plus important que le numéro deux, Siemens ou Alstom" assène Joe Kaeser.

Hitachi renforce sa présence en Italie

Il ajoute : "le Japonais Hitachi vient d'annoncer la reprise d'une partie fabricant italien Ansaldo. Maintenant l'Europe n'est plus le leader et la pression ne cessera de monter."

Joe Kaeser a passé l'éponge sur le fait que les dirigeants d'Alstom avaient préféré céder l'activité énergie à l'américain General Electric et continuer en solo dans le transport, refusant à l'époque l'offre de mariage de Siemens pour cette activité.

Cette offre de rapprochement reste apparemment valide. Le président du directoire n'hésite pas à parer la "fiancée" de tous ses atours : "Nous avons oeuvré à améliorer les performances de notre branche transport, qui est aujourd'hui plus forte que jamais."

Si cette perspective d'alliance européenne apparaît vitale à Siemens, face à la consolidation mondiale du secteur du transport ferroviaire, déjà engagée, il restera à convaincre le président d'Alstom Transport, Henri Poupart-Lafarge et surtout, les autorités européennes de la concurrence.

De son côté, Alstom, même s'il a engrangé de précieuses commandes de la région Ile-de-France pour de nouvelles rames RER et métro, souffre de l'absence de commande sur le marché du fret. Une partie de ses effectifs de son usine de Belfort est directement menacée par cette absence de perspective.

Frédéric Bergé