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TGV Tours-Bordeaux: les banques coupent le robinet

La SNCF et les établissements qui financent la construction de la ligne à grande vitesse entre Tours et Bordeaux ne parviennent pas à solder leur litige. Le blocage des fonds va retarder la livraison du chantier.

La mise en service du TGV entre Tours-Bordeaux pourrait être retardée. Les banques qui financent le chantier ont stoppé son financement. Le litige entre les 13 banques qui forment le consortium et la SNCF porte sur le nombre d'allers-retours quotidiens.

Au cœur du litige, des intérêts économiques pas vraiment compatibles. D'un côté LISEA, le maitre d'œuvre du chantier qui regroupe 13 banques sous la houlette de Vinci, et de l'autre la SNCF. En échange du financement des travaux, LISEA se retrouve concessionnaire de la ligne pendant 50 ans. Pour amortir les 8 milliards d'euros d'investissements, le consortium table sur les péages facturé à la SNCF. Un minimum de 19 allers-retours par jours a été fixé dès le début par le maitre d'œuvre.

Des péages trop chers 

Seulement, pour la SNCF, les péages sont trop chers. L'entreprise souhaite optimiser au maximum ses trains. L'idée est de recourir à des rames à double étage. Cela limiterait donc les allers-retours à 13 par jours.

Le gouvernement a donc cherché à jouer les médiateurs. Le ministre des Transport a coupé la poire en deux. Avec 16,5 allers-retours par jour. Impensable, pour le consortium. En gelant les crédits, LISEA brandit la menace de la faillite de projet. Ce qui couterait très cher pour les finances publiques. En effet, l'Etat a garanti deux tiers du montant total de l'argent avancé par les banques.

Mathieu Sévin