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SNCM : et si le plan de sauvetage conduisait au « naufrage » ?

Ferries de la SNCM.

Ferries de la SNCM. - -

Pour le premier adjoint au maire de Marseille, le plan de sauvetage annoncé jeudi à la SNCM, qui prévoit de supprimer plus de 500 emplois, n’est qu’un coup d’épée dans l’eau.

Le plan de sauvetage de la SNCM, annoncé jeudi par l’Etat et Veolia, ne reviendrait-il qu’à écoper une société qui prend l’eau de toutes parts ?
C’est le point de vue de Roland Blum, premier adjoint au maire de Marseille. Le plan, qui prévoit la suppression de plus de 500 emplois, est « dommageable pour l'économie portuaire » et « pourrait conduire rapidement au naufrage de l'entreprise si cette décision n'est pas accompagnée d'un plan de redressement sérieux », a estimé l’élu ce vendredi.
« Le plan présenté en conseil de surveillance ce jeudi 20 juin porte en lui inquiétude et interrogations. A ce jour, rien sur le futur développement de l'entreprise et l'ouverture de nouvelles lignes », pointe dans un communiqué l'élu, chargé de l'expansion économique et du développement du port.

« S'il est certes prévu quatre nouveaux navires, aucune information n'a été donnée sur leur mode de financement. L'Etat reste discret sur le financement du volet social et ne semble pas disposé à faire d'efforts sur le service public de continuité territoriale, alors qu'il en est le seul financeur », a ajouté Roland Blum.

« Et surtout le gouvernement reste muet sur l'actionnariat de l'entreprise et le nécessaire maintien de la Caisse des Dépôts dans le capital de la SNCM, seul élément de nature à crédibiliser dans tout plan de redressement de l'entreprise, son engagement. Afin de clarifier la situation, l'Etat devra lever toutes ces incertitudes et assumer une bonne fois pour toutes ses responsabilités », conclut le premier adjoint de Jean-Claude Gaudin.

Les élus ont demandé le « soutien » de l'Etat

Ce dernier avait adressé jeudi, juste avant l'annonce du plan, une lettre au président François Hollande, cosignée avec le président de la région Paca et celui du conseil général des Bouches-du-Rhône, les socialistes Michel Vauzelle et Jean-Noël Guérini, pour demander à l'Etat de manifester son « soutien » à la compagnie maritime en confirmant sa présence au capital et en favorisant le renouvellement de sa flotte.

Le président PS de la communauté urbaine de Marseille, Eugène Caselli, a considéré après l'annonce du plan de sauvetage que « les actionnaires et même l'Etat n'ont pas pris la mesure de la crise économique et sociale qui frappe Marseille ».

Claire Béziau, avec AFP