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Six constructeurs automobiles touchés par le scandale Kobe Steel

Les produits en cuivre ou aluminium de Kobe Steel ont été livré à quelque 200 entreprises. (Image d'illustration)

Les produits en cuivre ou aluminium de Kobe Steel ont été livré à quelque 200 entreprises. (Image d'illustration) - Jiji Press - AFP

Toyota et cinq autres constructeurs japonais ont été destinataires de produits en aluminium ou cuivre, dont les données ont été falsifiées par Kobe Steel. Le sidérurgiste, quant à lui, continue de s'effondrer en Bourse.

Six constructeurs d'automobiles japonais ont été destinataires de produits en aluminium ou cuivre dont le sidérurgiste nippon Kobe Steel a reconnu avoir falsifié les caractéristiques techniques, a affirmé ce mercredi le quotidien japonais Nikkei.

Outre le numéro un nippon du secteur, Toyota, qui a déjà annoncé mardi avoir utilisé de l'aluminium de Kobe Steel dans des véhicules produits dans l'une de ses usines au Japon, Honda et Nissan ont confirmé mercredi à l'AFP être dans le même cas.

"De l'aluminium de Kobe Steel a été employé pour des portières et capots de véhicules et nous sommes en train de vérifier l'impact potentiel sachant que la qualité de l'aluminium peut jouer sur la sécurité des piétons" en cas de collision, a expliqué un porte-parole de Nissan.

Honda aussi a utilisé de l'aluminium de Kobe Steel mais dit "ne pas voir à ce stade de problème critique" puisque le groupe effectue ses propres tests de matériau avant usage. "Néanmoins, les examens se poursuivent", a indiqué un porte-parole. Auraient aussi utilisé de l'aluminium incriminé Mitsubishi Motors, Subaru et Mazda.

200 entreprises touchées

Lors d'une conférence de presse durant le week-end, un vice-président de Kobe Steel, Naoto Umehara, a avoué que des données relatives à des produits en aluminium et cuivre avait été falsifiées de façon "systématique" pour enjoliver les caractéristiques de certains produits, une pratique qui pourrait remonter à une dizaine d'années et n'a pu se faire, a-t-il dit, sans que des directeurs n'aient été au courant.

L'enquête menée par Kobe Steel révèle, qu'à l'heure actuelle, les spécifications techniques ont été maquillées pour environ 19.300 tonnes de produits en aluminium, 2.200 tonnes de produits en cuivre et 19.400 unités en aluminium moulé et forgé qui ont été expédiées aux clients entre septembre 2016 et août 2017.

Les marchandises dont les caractéristiques ont été trafiquées ont été livrées à quelque 200 entreprises. En plus des constructeurs d'automobiles, de très nombreux industriels et produits sont concernés.

Sont fréquemment cités l'avion régional MRJ (exemplaires d'essais) de Mitsubishi Heavy Industries (MHI), la fusée H-2A, également fabriquée par MHI, des pièces destinées à des avions Boeing, des équipements de défense fabriqués par MHI, Kawasaki Heavy Industries, IHI et Subaru, des équipements de transport ferroviaire pour les compagnies japonaises ou encore divers produits de fabricant de climatiseurs Daikin et de Panasonic.

L'industrie japonaise multiplie les scandales

Le groupe a selon le Nikkei d'ores et déjà décidé des mesures de restructuration pour limiter les dégâts de ce scandale sur ses comptes. Il est prêt, affirme mercredi le quotidien, à vendre son activité immobilière.

Cette affaire est la énième d'une série qui touche les entreprises nippones ces derniers temps: les plus retentissantes concernent Olympus puis Toshiba (falsifications de comptes sur plusieurs années), Takata (camouflage de défauts d'airbags ayant entraîné la faillite de l'entreprise) ou encore Nissan qui a été forcé récemment d'annoncer le rappel de 1,2 million de véhicules au Japon parce que les contrôles finaux ont été effectués par des personnes non habilitées.

Kobe Steel s'effondre en Bourse

L'action du sidérurgiste japonais Kobe Steel plongeait encore de 19,6% mercredi midi à la Bourse de Tokyo, après déjà une chute de 22% la veille Le titre est tombé à 859 yens à la pause du déjeuner. Il valait 1.368 yens vendredi, avant les premières révélations sur cette nouvelle affaire qui contribue à miner la confiance dans les industriels nippons.

Y.D. avec AFP