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Salon du Bourget: Airbus remporte de justesse son match face à Boeing

Le Bourget a été le théâtre d'une lutte serrée entre Boeing et Airbus.

Le Bourget a été le théâtre d'une lutte serrée entre Boeing et Airbus. - -

Au terme des quatre journées professionnelles du plus grand salon aéronautique, l'avionneur européen est devant en termes de commandes avec options. Mais son rival de Seattle l'a talonné de près.

L'Histoire n'a tendance à retenir que le vainqueur. Pourtant l'honneur est au vaincu, c’est-à-dire à Boeing, au terme des quatre journées professionnelles du salon du Bourget, que François Hollande visite, ce vendredi 21 juin.

L'avionneur américain a ainsi presque fait jeu égal avec son rival européen, Airbus. Il est, en effet, rare que ce dernier soit autant mis en difficulté sur ses propres terres par son concurrent. Néanmoins, la filiale d'EADS devance encore Boeing sur la valeur des commandes.

Aux prix catalogues, le total des ordres enregistrés par Airbus s'est élevé à 39,3 milliards de dollars contre 38,13 (selon les calculs de BFMbusiness.com) pour Boeing.

Encore que ces chiffres sont à relativiser. Les commandes d'avions se font rarement au prix catalogue, les avionneurs ayant l'habitude d'accorder des rabais à leurs clients, même si les montants de ces ristournes relèvent quasiment du secret défense.

Le prix catalogue, un indicateur sans grande valeur

Mais, pour donner un exemple, Carolyn McCall, directrice exécutive d'Easyjet, qui a passé une méga-commande à Airbus, a justifié son choix en expliquant qu "à la fin, Airbus nous a offert le meilleur deal, et le prix comprenait un meilleur rabais par rapport au prix catalogue".

Boeing a, en revanche, vendu plus d'appareils en nombre (302 selon les calculs de BFMbusiness.com) qu'Airbus (241). Mais en comptant les options d'achats, l'Européen est devant avec 466 avions pour une valeur de 68,7 milliards de dollars, contre 66 milliards et 442 avions pour Boeing.

L'A350 en bonne forme

Airbus pourra se targuer de plusieurs réussites. Son nouveau modèle, l'A350, destiné à rivaliser sur le long-courrier avec les modèles de Boeing (Comme le Dreamliner ou le 777), a connu un certain succès (69 commandes) avec quatre clients, dont la confirmation des 25 commandes d'Air France KLM.

L'A380, a retrouvé un certain souffle commercial, grâce aux ordres passé par le loueur Doric. Au micro de BFM Business, Fabrice Brégier, PDG d'Airbus, s'est réjoui de cette transaction et a estimé qu'"il y a un marché", après les déboires commerciales des années précédentes. Enfin son best-seller, l'A320neo, continue de performer, avec notamment la mega-commande d'Easyjet (100 appareils et maintient ainsi sa part de marché de 60%.

Du côté de Boeing on retiendra surtout le lancement du B787-10, son futur long-courrier, qui a engrangé 50 commandes fermes. Autre fait d'armes pour la société de Seattle, la méga-commande de Ryan Air: 175 B737 pour 15,6 milliards de dollars. Certes, Ryanair est connu pour avoir des relations exécrables avec Airbus…

Bon millésime pour les avionneurs régionaux

En marge du duel des titans, Les avionneurs régionaux ont connu quelques belles réussites. Le Brésilien Embraer a même presque volé la vedette aux deux ténors, lundi en enregistrant 100 commandes fermes sur sa nouvelle génération de jets régionaux baptisée E2 et 125 commandes fermes.

ATR, un consortium dans lequel figure notamment EADS a enregistré 173 commandes pour une valeur de 4,1 milliards de dollars. Interrogé par l'AFP, un porte-parole de cette entreprise a estimé que "ce salon est le meilleur de l'histoire" de l'entreprise.

Julien Marion