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Reprise de la SNCM: les candidats déposent de nouvelles offres

Les offres de reprise de la SNCM seront examinées le 27 mai.

Les offres de reprise de la SNCM seront examinées le 27 mai. - Boris Horvat - AFP

Les trois candidats à la reprise de la compagnie maritime ont, comme demandé par le tribunal, revu leurs offres. Le tribunal les examinera le 27 mai.

Les choses commencent à se décanter pour la SNCM. Les trois candidats à la reprise ont déposé mercredi 20 mai de nouvelles offres, comme les y avait enjoint le tribunal de commerce de Marseille le 11 mai, a-t-on appris de source proche du dossier. Trois repreneurs potentiels sont en lice: le groupe corse Rocca, l'ex-directeur du port de Marseille Christian Garin et la société Baja Ferries. Le tribunal de commerce de Marseille doit les examiner le 27 mai.

Le 11 mai, le tribunal de commerce de Marseille avait pressé les trois candidats d'améliorer leurs offres sous dix jours et prolongé la période d'observation de six mois, sur fond de tractations entre Bruxelles, l'Etat français et les actionnaires de la compagnie maritime.

Pas de remboursement

La Commission européenne considère qu'en cas de reprise de la SNCM, la compagnie maritime qui serait alors créée n'aura pas à rembourser à Bruxelles les 440 millions d'euros d'aides publiques jugées illégales, avait par ailleurs annoncé mardi le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies.

De plus, selon les Echos, la Méridionale, qui assure la continuité territoriale, n'aura pas non plus à payer.

Cette condamnation européenne était suspendue comme une épée de Damoclès au-dessus de la compagnie maritime, placée en redressement judiciaire le 28 novembre. Elle avait officiellement poussé les actionnaires, Transdev (66%) et l'Etat (25%), à précipiter le redressement judiciaire.

Celui-ci doit permettre, selon eux, de s'en affranchir, à condition de recréer une société suffisamment différente pour pouvoir parler d'une "discontinuité économique".

L'autre grand point d'interrogation du processus de reprise de la compagnie, qui compte quelque 1.500 salariés en CDI, portait sur la transmissibilité de la délégation de service public (DSP) de la desserte entre la Corse et le continent de 2014 à 2024, un méga-contrat de 570 million d'euros.

Le 7 avril, l'attribution de cette DSP à la SNCM et à La Méridionale avait été annulée - à compter d'octobre 2016 - par le tribunal administratif de Bastia, à la suite d'une plainte du concurrent Corsica Ferries. Dans un courrier aux autorités françaises daté du 27 avril, Bruxelles avait en tout cas clairement prévenu: la DSP ne saurait être transmise à un quelconque repreneur, condition à ses yeux de cette fameuse "discontinuité économique".

D. L.