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Renault-Nissan: la fusion n'est pas "l'objectif ultime" affirme Jean-Dominique Senard

"Aujourd'hui, l'alliance prend un nouveau départ et elle est et doit rester plus que jamais à la fois un pilier et un moteur du développement de chacun de ses membres", a martelé Jean-Dominique Senard, président de Renault

"Aujourd'hui, l'alliance prend un nouveau départ et elle est et doit rester plus que jamais à la fois un pilier et un moteur du développement de chacun de ses membres", a martelé Jean-Dominique Senard, président de Renault - -

Dans une interview donnée au Financial Times, le président de Renault veut avant tout faire converger les intérêts des deux entreprises, alors que la marque au losange cherche encore son nouveau directeur général.

Redonner un nouveau souffle à l'alliance franco-japonaise. Voici la délicate mission de Jean-Dominique Senard, le président de Renault. Après avoir envisagé une fusion avec Fiat-Chrysler, la marque au losange se concentre désormais sur son alliance avec Nissan et Mitsubishi.

Mais après l'arrestation de Carlos Ghosn, les tensions ont du mal à s'atténuer entre les différents groupes. Notamment sur la délicate question de la fusion dont les Japonais ne veulent, pour l'instant, pas entendre parler. Conscient des réticences, Jean-Dominique Senard s'est donc évertué, depuis plusieurs mois, à apaiser les tensions sur ce dossier. Une fusion n'est "pas l'étape ultime" de l'alliance, a-t-il encore assuré, ce mardi, dans une interview au Financial Times.

Prudent, il préfère évoquer la recherche de "convergences" entre les groupes, une convergence "absolument essentielle". Il indique néanmoins qu'un projet de fusion était bien dans les cartons mais avait été suspendu car "elle était perçue au Japon comme une menace réelle à l'indépendance et à la fierté" de Nissan, indique l'ancien patron de Michelin. "La première chose est d'apporter des résultats. Mon obsession maintenant est de montrer des changements en 2020" a-t-il martelé.

Tourner la page Ghosn

Ses propos font écho à ceux de Makoto Uchida, le nouveau directeur général de Nissan, qui a pris ses fonctions le 1er décembre dernier. "La priorité est de trouver comment l'alliance peut contribuer à ce que chacune des sociétés augmente ses revenus et ses bénéfices" expliquait ce dernier alors de son intronisation.

Désormais, Renault cherche à son tour un nouveau directeur général pour remplacer Thierry Bolloré, ex-bras droit de Carlos Ghosn. Pour le moment, c'est l'actuel patron de Seat, Luca de Meo, qui tient la corde.

Ce changement de direction, après celui chez Nissan, solderait complètement l'ère Ghosn pour enfin remettre l'alliance sur de bons rails alors que le secteur de l'automobile craint un retournement de cycle pour 2020.

La semaine dernière, l'alliance a entériné plusieurs grands projets opérationnels destinés à améliorer sa performance économique, dont la nomination d'un secrétaire général, chargé de la coordination.

Thomas Leroy