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Renault: "l'alliance a besoin d'un nouveau souffle", estime Jean-Dominique Sénard

À la suite de l'éviction du directeur général Thierry Bolloré, le président du groupe au losange s'est exprimé sur l'avenir de Renault. L'alliance avec Nissan reste au coeur des préoccupations.

Exercice d'explications pour Jean-Dominique Senard suite à la révocation du directeur général Thierry Bolloré.

"L'évolution de la direction d'aujourd'hui a été le fruit d'une longue réflexion chez Renault et chez Nissan", a souligné vendredi le président du constructeur au losange lors d'une conférence de presse.

Réagissant aux déclarations de Thierry Bolloré dans le journal Les Echos -par avance, ce dernier a dénoncé un "coup de force inquiétant"- le président de Renault a déclaré qu'il aurait préféré que Thierry Bolloré démissionne, mais qu'il respectait le choix de l'ancien DG, ajoutant que la décision de le révoquer avait été collégiale. Sans aucune pression, notamment de l'Etat.

Aucune pression

"C'est la vie des entreprises. Il arrive des moments où il est utile à une entreprise de retrouver un nouveau souffle, il n'y a rien de personnel", a déclaré le responsable. "Le renouveau de l'alliance était nécessaire", a-t-il martelé.

Rappelons que Thierry Bolloré était considéré comme le dernier représentant de l'ère Carlos Ghosn, ère que le groupe et l'Etat actionnaire entendent liquider.

Ce "nouveau souffle" implique de renforcer l'autonomie, le décloisonnement et la "capacité de respiration" des équipes, a encore expliqué le président, nommé en janvier après la démission de Carlos Ghosn arrêté au Japon pour
malversations financières.

Le remplacement définitif de Thierry Bolloré risque néanmoins de prendre du temps. Jean-Dominique Senard, a dit ignorer quand serait nommé le prochain directeur général du groupe. "Le délai pour nommer un ou une DG pour les années à venir est incertain et dépendra de la capacité à choisir la bonne
personne".

Clotilde Delbos devra tout faire pour que la transition se fasse dans la sérénité la plus totale, a-t-il ajouté.

Jean-Dominique Senard a également insisté sur le fait que la consolidation de l'alliance avec Nissan était la priorité des priorités. Conséquence presque mécanique, le dossier de la fusion avec Fiat/Chrysler "n'est pas sur la table".

Réagissant à ces déclarations, Bruno Lemaire, le ministre de l'Economie a assuré que l'État souhaitait que l'alliance entre Renault et Nissan "entre dans une nouvelle étape".

"Nous souhaitons que l'alliance entre dans une nouvelle étape avec une stratégie industrielle qui soit claire pour faire face à des défis considérables comme le véhicule autonome et le véhicule électrique", a affirmé le ministre lors d'une brève déclaration à la presse.

Il a précisé que les représentants de l'État au conseil d'administration de Renault avaient soutenu "les recommandations faites par le président de Renault Jean-Dominique Senard" de mettre un terme au mandat de M. Bolloré et de désigner l'actuelle directrice financière Clotilde Delbos pour assurer l'intérim. 

Concernant les éventuelles pressions du gouvernement pour écarter Thierry Bolloré, le locataire de Brecy précise : "Il faut que le président de Renault ait les mains libres, que le conseil d'administration ait les mains libres et que l'État n'intervienne pas tous les matins pour dire faites ceci, faites cela".

"C'est au président, c'est au conseil d'administration de savoir avec qui ils veulent conduire cette stratégie", a souligné le ministre. "Ce n'est pas à l'État de s'immiscer dans des choix de gouvernance qui sont fait par le président et le conseil d'administration de Renault". 

OC avec AFP