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Renault Électrique : croissance à pleine charge

Les ventes de Renault électriques continuent sur une dynamique toujours forte, avec la Zoe comme cheval de bataille, et la montée en puissance de la K-ZE, fabriquée en Chine.

Les ventes de Renault électriques continuent sur une dynamique toujours forte, avec la Zoe comme cheval de bataille, et la montée en puissance de la K-ZE, fabriquée en Chine. - TOLGA AKMEN / AFP

Les ventes de véhicules électriques chez Renault alignent toujours des chiffres de croissance impressionnants. De quoi préparer l'avenir dans une relative sérénité, malgré une concurrence accrue, souligne Eric Feunteun, directeur du programme électrique chez Renault.

Le ciel est au beau fixe pour Renault dans le domaine de l'électrique, avec un 1er semestre de croissance toujours impressionnante, à la mesure de la dynamique du marché. Une hausse de 42,9% des ventes en volumes sur un an, avec un peu plus de 30.000 véhicules vendus à travers le monde

C'est notamment la petite Zoe, la voiture qui a popularisé l'électrique sur le marché européen (avec sa cousine Nissan Leaf, best-seller mondial), qui tire des ventes électriques de Renault, avec une croissance de 44,4% à 25.000 exemplaire en 6 mois. A noter la belle performance aussi du Kangoo électrique, à vocation plus utilitaire, dont les immatriculations grimpent de 30,7% sur la période à 4.600 véhicules.

La concurrence fourbit ses armes

« On sent vraiment depuis l'année dernière qu'on est entré dans une nouvelle ère. 30.000 ventes par semestre, ça commence à avoir un impact significatif et ça donne de la visibilité au modèle économique », dit Eric Feunteun, directeur du programme électrique chez Renault. « De plus, on commence à avoir un marché de l'occasion très dynamique, et ça c'est un excellent signe. La voiture électrique devient un objet banalisé, pratique, fiable, et surtout à des prix de plus en plus compétitifs », ajoute-t-il.

Pour autant, après de nombreux trimestres de croissance à deux chiffres, où Renault (et son allié Nissan) ont été leaders du marché mondial, la fin d'année 2019 et l'année 2020 seront le théâtre de la sortie commerciale de nombreux modèles électriques de la part de grands noms de l'automobile, principalement des citadines premium, de la Mini électrique de BMW à la Honda E, sans même parler de la e208 de Peugeot.

Une Zoe encore plus endurante

« Nous regardons la concurrence arriver avec une relative sérénité mais certainement pas d'arrogance », dit Eric Feunteun. « Quand on a autant de concurrents aussi sérieux qui vont arriver avec des produits attrayants et ambitieux, il vaut mieux être attentifs et observer. Même si, évidemment, notre expérience de plus de 10 ans, les retours clients et nos progrès technologiques nous assurent un peu d'avance, il ne faut pas oublier que les dynamiques sur ce marché de l'électrique sont exponentielles, et que le vent peut tourner très vite », observe-t-il.

Car en attendant que la concurrence n'arrive, la Zoe (affichée à 23.000 euros prix de base) reste sans réel challenger. La petite citadine électrique de Renault vient même de sortir dans une 3ème version, encore plus perfectionnée et endurante, désormais dotée d'une autonomie de 350 km. Seuls Jaguar avec l'IPace, Audi avec l'E-Tron, les berlines Tesla ou les engins 100% électriques d'Hyundai et de Kia, bien plus coûteux et bien moins vendus, font mieux. 

La K-ZE monte en puissance

« C'est un niveau d'autonomie critique qui permet désormais d'arbitrer avec d'autres voitures à motorisation thermique. On arrive à la possibilité pour une petite famille citadine de prévoir un week-end à la campagne sans le stress de la recharge », dit Eric Feunteun. Mais le tout à un prix abordable, ce qui reste le cheval de bataille de Renault sur l'électrique : rester maître sur le marché de la petite voiture pratique, fiable et à prix serré. 

Le 2ème étage de la fusée sera la Renault K-ZE. Présentée au dernier Salon de Paris il y a quasiment un an, elle entre en production en Chine, grâce au partenariat que Renault (allié avec Nissan) à noué avec Dongfeng. Il s'agit d'une toute petite citadine de segment A, de taille équivalente à celle d'une Twingo, d'une autonomie de 250 kilomètres, et qui sera proposée dans un premier temps pour l'équivalent de 10.000 euros. Et Renault ne le cache pas, la K-ZE est destinée à devenir un véhicule mondial.

Étendre la gamme et maîtriser les coûts

« Zoe est devenu une sorte de standard de développement pour nous » dit Eric Feunteun. « Ce qui nous permet d'envisager d'une part une montée en gamme, en imaginant des finitions plus ambitieuses à l'avenir. Ensuite, sa plate-forme et celle de la K-ZE permettent de prévoir aussi pour le futur des véhicules plus petits ou plus gros, tout en restant efficaces et à coût maîtrisé. L'expérience qu'on a pu tirer de la Twizy et de la berline Fluence (toutes deux toujours produites en Corée) est précieuse en ce sens, pour créer une gamme complète. La demande va exploser et l'exigence du consommateur aussi, en termes de prix et de praticité. Notamment pour ce qui est de la durée de charge ».

Pour arriver à des coûts de production et des prix finaux encore plus modérés, Renault va accélérer les synergies. « Pour des raisons historiques, la Leaf de Nissan et la Zoe de Renault ont été développées de manière séparées. Il s'agissait de 2 voitures vraiment différentes, malgré certaines similarités techniques. La prochaine génération, elle, sera entièrement commune à nos 2 marques avec une chaîne de développement unique, avec des coûts encore mieux maîtrisés », dit Eric Feunteun. Une voiture qui a donc toutes les chances sur le papier de devenir un nouveau standard en la matière.