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Renault : Bercy soutient... et recadre Jean-Dominique Senard

Malgré le renouvellement de la confiance exprimé par Bruno Le Maire au patron de Renault, leur entrevue à été l'occasion d'un recadrage plutôt sec.

Malgré le renouvellement de la confiance exprimé par Bruno Le Maire au patron de Renault, leur entrevue à été l'occasion d'un recadrage plutôt sec. - Toshifumi KITAMURA / POOL / AFP

Le Président de Renault a été reçu ce jeudi par Bruno Le Maire à Bercy. Entrevue « positive et constructive », mais au ton très sec après l'assemblée générale du constructeur.

Même si Bruno Le Maire assure de son soutien « plein et entier » le Président Jean-Dominique Senard, il est évident que ses propos en assemblée générale, sur l'attitude jugée « désolante » des représentants de l'Etat-actionnaire dans le dossier du mariage avorté Fiat-Chrysler, ont été très mal accueillis.

« Encore une fois dans ce dossier nous n'avons pas fait obstruction, on ne s'est opposé à rien. Nous demandions 5 jours de plus pour peaufiner les discussions avec Nissan, c'est tout. On ne va tout de même pas nous reprocher de faire sérieusement notre job ! » dit-on de source proche du Ministre de l'Economie.

Priorité à l'Alliance

« Nous sommes actionnaires à hauteur de 15% de Renault. Et clairement, nous ne pensons pas que ce soit le rôle d'un Président d'entreprise de parler de cette façon de son actionnaire principal. Dont acte, c'est du passé, la confiance est renouvelée, maintenant concentrons-nous sur le futur », ajoute cette source. 

Car du côté de Bercy, la priorité est désormais bien sûr l'Alliance, considérée par Bercy comme « seul cadre de vie pour Renault ». Le Ministère va donc soutenir Jean-Dominique Senard dans sa volonté d'apaiser les relations avec le constructeur japonais, l'épauler dans son redressement et intensifier les synergies industrielles.

Passe d'armes nécessaire ?

« Encore une fois nous sommes actionnaires à 15%. Notre rôle est de soutenir à plein Renault au sein de l'Alliance. Un allègement de cette participation est une option à plus long terme, mais pour le moment nous sommes au soutien plein et entier de Renault pour créer de la valeur avec Nissan » dit-on au Ministère de l'Economie.

Une passe d'armes sans doute nécessaire autant pour le Ministre de l'Economie, soucieux de montrer l'activisme et le travail de l'Etat à préserver les intérêts de Renault, que pour Jean-Dominique Senard, qui devait obligatoirement asseoir son leadership à la tête du constructeur.