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Qui va combler le trou de 300 millions d'euros du Pass Navigo?

Valérie Pécresse aurait obtenu du Premier ministre, Manuel Valls, des engagements pour combler le manque à gagner de 300 millions d’euros qu’induit, selon elle, le pass Navigo à tarif unique.

Valérie Pécresse aurait obtenu du Premier ministre, Manuel Valls, des engagements pour combler le manque à gagner de 300 millions d’euros qu’induit, selon elle, le pass Navigo à tarif unique. - Eliot Blondet-AFP

Le Pass Navigo à tarif unique créerait un déficit annuel de 300 millions d'euros dont le financement n'est pas assuré. La nouvelle majorité au pouvoir en Ile-de-France en appelle pour partie à l'État pour régler l'ardoise.

Le Pass Navigo à 70 euros pour tous pèse sur la nouvelle majorité en Ile-de-France. Valérie Pécresse, la nouvelle présidente de la région, qui gère les transports publics franciliens, a tiré la sonnette d'alarme sur le coût du dispositif.

Depuis le 1er septembre 2015, 3,8 millions d'usagers paient en moyenne beaucoup moins cher (à l'exception des Parisiens) leur forfait de transport. La facture maximale pour un Pass Navigo annuel atteignait entre 1.125,30 à 1.204,50 euros avant cette mesure, contre 770 euros désormais.

Au moment de sa mise en place par la précédente majorité régionale, le tarif unique dont le coût avait été estimé à 400 millions d'euros, devait être financé par deux sources. D’une part, un supplément de recette du versement Transport par les entreprises, induit par l’augmentation des taux plafond à compter du 1er juillet 2015, devrait produire une recette de plus de 210 millions d’euros en année pleine. Le solde, 190 millions, devait rester à la charge de la région.

Valérie Pécresse a obtenu une promesse de l'État

Pour Valérie Pécresse, le compte n'y est pas. Elle estime que la mesure créé un manque à gagner de 300 millions d'euros par an. Elle aurait obtenu, à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre, un engagement de l'État pour financer partiellement cette ardoise.

De son côté, la présidente de région propose, comme elle l'avait déjà déclaré pendant sa campagne électorale, des mesures plus drastiques de lutte contre la fraude et de recouvrement des amendes, à l'impact financer toutefois incertain. Elle reprend aussi sa suggestion de supprimer la réduction de 75% dans les transports en commun pour les étrangers en situation irrégulière et leur famille. Selon elle, cette dernière aide coûte 50 millions d’euros à la SNCF, à la RATP et plus généralement à la région. 

Mais il manque encore plus de 100 millions d'euros au pot. L'État devra piocher dans les recettes d'autres taxes existantes pour les reverser à la région afin de combler le déficit induit par cette mesure généreuse mais au coût réel mal évalué

Frédéric Bergé