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Qui est Smoove, la PME montpelliéraine qui a ravi le contrat Vélib' à JCDecaux?

Les vélos libre service de Smoove en Finlande

Les vélos libre service de Smoove en Finlande - Smoove

Smoove a remporté l'appel d'offre de la ville de Paris pour l'exploitation des Vélib' dans la région parisienne. Elle a su mettre en avant sa technologie et son système anti-fraude pour rafler la mise.

Finalement le petit poucet a damé le pion au géant. Dans un communiqué publié samedi 1er avril, JCDecaux a indiqué avoir perdu le marché du Vélib' dont il était le détenteur historique. La confirmation doit avoir lieu le 12 avril prochain.

Si le résultat était confirmé, JCDecaux serait ainsi coiffé sur le poteau pour le consortium réunissant le catalan Moventia, de la filiale de Norauto Mobivia, du gestionnaire de parking Indigo, et, surtout de Smoove, la société qui va produire les futurs vélos en libre-service et en pilotera l'exploitation.

Miser sur la sécurité

Fondée en 2008, cette PME montpelliéraine compte 30 salariés mais elle peut compter sur l'appui de ses puissants partenaires. Et elle a déjà pu faire valoir plusieurs atouts. Notamment la solution qu'elle apporte pour réduire la fraude dont le coût peut aller jusqu'à 5 millions d'euros certaines années.

"La sécurité c'est vraiment le point fort de notre offre. Le fait que notre vélo est connecté à notre serveur nous permet de le tracer", explique Hélène Papa, directrice marketing et communication de Smoove.

Smoove dispose de deux gammes de vélo, une électrique et une mécanique. Sur l'électrique, un GPS est intégré au véhicule et permet donc de le suivre. Sur l'ensemble des deux gammes, le vélo est équipé d'un système embarqué (une "box") qui fait qu'il n'y a pas besoin de kiosques et de bornes d'enregistrement, comme c'est le cas actuellement avec le Vélib'. "Il suffit de badger directement" avec un passe pour débloquer un vélo, indique Hélène Papa.

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- © Smoov

"Overflow"

Toujours niveau sécurité, Smoove a fait breveter un système de verrouillage qui fait intervenir des ergots électroniques au niveau du diapason du vélo. Ce qui complique le vol. "Notre société s'est constitué autour de ce système", explique Hélène Papa.

Un des principaux reproches fait au réside  dans sa régulation, c'est-à-dire la facilité à trouver une place pour garder son vélo dans une station. Seulement 48% des Parisiens se déclarent satisfaits sur ce point, selon une étude de l'Atelier parisien.

Pour faire mieux que JCDecaux, Smoove joue sur son atout principal: "l'overflow". "Lorsque vous arrivez à une station, cette fonctionnalité va être activée et la capacité de la station va être doublée", explique Hélène Papa. En fait, cette fonctionnalité permet à l'usager de verrouiller le système embarqué (et donc de rendre le vélo) en insérant son vélo entre deux autres vélos déjà parqués et en l'attachant le câble embarqué.

80% du chiffre d'affaires à l'international

La PME sait que sa victoire dans l'appel d'offres n'est pas sans poser certains problèmes. Hélène Papa évoque notamment la problématique "de déploiement des stations", celles de JCDecaux n'étant pas forcément compatibles avec les vélos libre service de Smoove. Une réflexion est actuellement menée par l'entreprise. Se pose également la question des 315 salariés de Cyclocity, la filiale de JCDecaux, en charge aujourd'hui du Vélib' (voire encadré). 

Le contrat devrait modifier clairement la donne pour Smoove et rééquilibrerait la part de son chiffre d'affaires réalisé en France. "Nous changerions complètement d'échelle", explique Hélène Papa. 80% de son chiffre d'affaires est ainsi réalisé à l'étranger. Le groupe est en effet présent dans 20 pays et a remporté des marchés dans les villes de Chicago, Vancouver, Helsinki ou encore Moscou. Dernièrement, dans le cadre de la COP22 de début novembre, le groupe a déployé une flotte de 300 vélos à Marrakech.

L'avenir de 315 salariés en question

Dans son communiqué publié ce week-end, JCDecaux explique qu'aucune reprise de plein droit des 315 salariés travaillant pour Cyclocity, la filiale de JCDecaux en charge de Vélib', n'a été prévue malgré "les demandes réitérées" du groupe dirigé par la famille Decaux. Ce qui place ainsi un gros point d'interrogation sur l'avenir des salariés de Cyclocity. Bambo Cissokho, le président du comité d'entreprise, a ainsi demandé sur BFMTV à ce que Smoove s'engage à conserver les 315 salariés. Sans quoi le service sera "bloqué" dès le 5 avril. Des perturbations du service sont déjà prévues dès ce lundi.

Interrogé, Smoove explique ne pouvoir communiquer sur le dossier de l'appel d'offres parisien avant le terme de la procédure, le 12 avril prochain.