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Privé d'ADP, Vinci se console à Londres

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- - Wiliam Edouards

Vinci vient d’acquérir officiellement l’Aéroport de Gatwick , près de Londres, pour 3.2 milliards d'euros. Malgré son unique piste, il accueille chaque année 45 millions de passagers.

Une seule piste, certes, mais elle détient un record du monde, celui des mouvements d'avions. Entre 900 et 950 appareils se posent et décollent tous les jours de Gatwick. A titre de comparaison, Roissy avec ses quatre pistes accueille, en moyenne 1300 avions par jour. Gatwick à été pensé pour diminuer le plus possible les temps de roulage et Vinci réfléchit déjà à la construction d'une deuxième piste.

Globalement ce sont tous les flux de l'aéroport qui sont optimisés : un avion d'Easy Jet , est par exemple capable de redécoller, à plein, une demi-heure après avoir débarqué ses passagers. Les comptoirs d'enregistrement ont presque tous disparu pour laisser la place à des systèmes automatiques, quand aux postes d’inspection filtrage, chargés d'assurer les contrôles de sécurité, il peuvent absorber 600 personnes par ligne et par heure.

L'aéroport, qui accueille chaque année 45 millions de passagers possède depuis 1999 son "Gatwick Express" pour rejoindre Londres en 30 minutes. Il dispose en outre de 41 000 places de parking. Un "formidable actif" se félicite Nicolas Notbaert, le directeur général de Vinci concession et président de Vinci Airport. C'est dorénavant le plus gros aéroport du portefeuille du groupe. Vinci devient du même coup le deuxième opérateur aéroportuaire mondial.

Seule ombre au tableau, les commerces. Les dépenses par passagers sont en effet bien en deçà des standards du secteur. C'est justement tout le travail des mois qui viennent, il s'agit de repenser les espaces commerciaux. "100% des passagers doivent passer devant 100% des espaces". Un milliard de livres doit être investi d'ici 5 ans .

Savoir-faire et faire savoir

Avec un portefeuille de 45 aéroports dans 12 pays -dont des pays avec des exigences élevées comme le Japon- Vinci veut convaincre et démontrer son savoir-faire dans la gestion des aéroports.

Alors que la privatisation d'ADP semble compromise, tout du moins paralysée pour plusieurs mois, Nicolas Notbaert affiche un relatif détachement, prenant soin de citer le moins possible le nom d'ADP. "Dommage pour la France... Une petite tristesse qu'on aura pour notre pays".

Ce qui n'empêche pas le patron de Vinci Airport de décocher quelques flèches au sujet de la gestion d'ADP : "Ce ne sont pas les travaux ni le béton qui attirent les passagers, il faut des investissements moins massifs et moins spectaculaires, ciblés sur les passagers"!

La stratégie de Vinci: libérer un maximum de temps pour pouvoir déambuler dans les galeries commerciales. "Le passager a de la valeur" rappelle Nicolas Notbaert. Plus largement souligne-t-il, "la privatisation des aéroports est une tendance mondiale, du Japon aux Etats-Unis en passant par l'Inde et La Russie."

Dans le dossier ADP, Vinci semble vouloir ne pas perdre la face, Nicolas Notbaert explique que les grands fonds d'investissements se délestent régulièrement de leur actif aéroportuaires -comme Gatwick- "le marché privé secondaire est très important" souligne t'il, il y 'a donc régulièrement des actifs sur le marché et autant d'opportunités.