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Pourquoi l'Etat monte au capital d'Air France-KLM  

L'Etat, qui détient déjà 15,88% du capital d'Air France-KLM, a acheté 1,7% de plus.

L'Etat, qui détient déjà 15,88% du capital d'Air France-KLM, a acheté 1,7% de plus. - Paul J. Richards - AFP

Bercy a annoncé, ce 8 mai, que l'Etat a fait l'acquisition d'1,7% supplémentaire du capital de la compagnie. Il s'agit d'avoir le poids suffisant lors de la prochaine AG pour faire adopter l'octroi de droits de vote double pour les actionnaires fidèles.

Après Renault, c'est au tour d'Air France-KLM. Michel Sapin et Emmanuel Macron ont annoncé, dans un communiqué publié ce vendredi, que l'Etat renforce sa participation dans le capital de la compagnie aérienne en faisait l'"acquisition d’un maximum de 5, 1 million de titres Air France-KLM (représentant 1,7% du capital), pour un prix compris entre 33,15 millions d’euros et 45,9 millions d’euros."

Une annonce saluée par les marchés puisque en début de matinée, l'action Air France-KLM gagne 3,4% à 8,066 euros, et devient ainsi la plus forte hausse du SBF120 

Privilégier l'actionnariat de longue durée 

L'état possède déjà 15,88% du capital d'Air France-KLM. Mais cette opération est destinée à avoir le poids nécessaire pour faire barrage à une résolution qui s'oppose aux droits de vote double et qui doit être débattue lors de l'Assemblée générale des actionnaires du 21 mai

Les ministres de l'Economie et des Finances rappellent que la loi du 29 mars 2014, dite Loi Florange, prévoit que les actionnaires qui conservent leurs titres pendant au moins deux ans sont récompensés par l'octroi de droits de vote doubles, sauf si une décision contraire est adoptée par l'assemblée générale des actionnaires.

Le conseil d'administration d'Air France-KLM a indiqué, ce même jour, qu'il avait fait le choix de "laisser la démocratie actionnariale s'exprimer" sur la question des droits de vote doubles. 

Dans un communiqué, le conseil rappelle que, lors de sa réunion du 29 avril dernier, il a considéré "qu'un actionnariat stable et de long terme est utile à une société comme Air France-KLM dont le retour à la rentabilité et à une phase de développement s'inscrit également dans la durée (plans Transform 2015 et Perform 2020)".

En avril, l'Etat avait augmenté sa part au capital de Renault, de 15% à 19,74%, pour faire échouer une résolution similaire, soutenue notamment par le patron de Renault Carlos Gohsn. La résolution s'opposant aux droits de vote double pour les actionnaires fidèles avait ainsi été repoussée par 60,53% des actionnaires.

C.C. avec AFP