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Pourquoi Air France ne parvient à imposer Boost comme Transavia

Boost est une marque de la compagnie.

Boost est une marque de la compagnie. - Loic Venance - AFP

Transavia, la compagnie low cost d'Air France, est une réussite. En revanche, la direction a du mal à faire adopter par le personnel navigant sa future compagnie à bas coûts long courrier baptisée provisoirement "Boost".

Transavia fête ses 10 ans. La compagnie low cost d'Air France devrait être à l'équilibre financier cette année. Elle transporte près de cinq millions de passagers par an. C'est clairement une réussite. Dans le même temps, Air France a beaucoup de mal à faire adopter par le personnel navigant son projet "Boost", une compagnie à bas coûts long courrier. Difficile de comprendre que dans un cas Air France réussisse et dans l'autre non.

Sur le papier, la direction d'Air France pourrait utiliser pour "Boost" les méthodes utilisées pour lancer Transavia il y a dix ans. Seulement il y a un petit détail qui fait toute la différence.

Rien ne peut se faire sans l'accord des pilotes

Transavia est une filiale d'Air France et non une marque supplémentaire de la compagnie. Elle est donc totalement indépendante. Dès le début, elle a pu adopté les principes low cost. Si les pilotes ont bien essayé de bloquer son développement, ils ne sont parvenus au final qu'à le ralentir.

À l'inverse Boost est dans le giron direct d'Air France. Au même titre que Hop! et La Navette, il s'agit d'une marque de la compagnie. Et c'est là le problème: rien ne peut se faire sans l'accord des pilotes, d'où des négociations interminables.

Mais pourquoi Jean-Marc Janaillac n'a-t-il pas choisi de reproduire l'exemple Transavia pour Boost? En fait, lorsqu'il est arrivé chez Air France, les pilotes réclamaient un plan de croissance. L'alors nouveau PDG a probablement pensé qu'avec ce projet, il répondait à leurs attentes. Et qu'il obtiendrait rapidement un accord. A tort.

Mathieu Sévin