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Mistral: "le contrat est suspendu jusqu'en novembre"

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- - Frank Perry - AFP

A la suite d'un Conseil de défense, l'Elysée a décidé, ce mercredi 3 septembre, de ne pas autoriser la livraison du premier porte-hélicoptères à la Russie, en raison du conflit en Ukraine. Et ce, jusqu'en novembre.

La France a cédé aux pressions. L'Elysée a indiqué, ce mercredi 3 septembre, que les conditions pour livrer le premier porte-hélicoptères Mistral à la Russie, ne sont pas réunies.

"Le contrat est suspendu jusqu'en novembre", indique une source diplomatique française. Et elle ajoute: "la France a entendu la pression de la communauté internationale".

Cette décision fait suite à un Conseil restreint de défense réuni par François Hollande, ce même mercredi.

Ce conseil a "examiné la situation en Ukraine", explique un communiqué émanant de la présidence de la République.

"Elle est grave. Les actions menées récemment par la Russie dans l’est de l’Ukraine contreviennent aux fondements de la sécurité en Europe", poursuit le document.

Un coût potentiel de 1,1 milliard d'euros

Ainsi,"le Président de la République a constaté que, malgré la perspective d’un cessez-le-feu qui reste à confirmer et à être mis en œuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC (bâtiment de projection et de commandement, ndlr) ne sont pas à ce jour réunies".

Des pressions de part et d'autres avaient été exercées au niveau diplomatique pour que la France annule ses livraisons à la Russie.

Le Premier ministre britannique David Cameron avait notamment déclaré qu'il était "impensable de mener à bien cette commande".

François Hollande avait notamment indiqué, fin juillet, que l'annulation de la livraison du premier Mistral à la Russie pourrait entraîner un remboursement de 1,1 milliard d'euros.

"Pas une tragédie"

La décision de la France de suspendre la livraison du premier navire de guerre Mistral à la Russie en raison de la crise en Ukraine ne représente "pas une tragédie" pour Moscou, a assuré mercredi le ministère russe de la Défense "Le refus à ce contrat ne sera pas une tragédie pour nous en matière de plan de réarmement", a déclaré un vice-ministre russe de la Défense, Iouri Borissov, à l'agence officielle Itar-Tass.

"Même si c'est bien évidemment désagréable et apporte certaines tensions dans les relations avec nos collègues français", a-t-il ajouté.

J.M.