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Michelin a accusé le coup en 2014

Michelin a notamment pâti du change défavorable

Michelin a notamment pâti du change défavorable - Franck Fiffe - AFP

Le fabricant de pneumatiques a accusé une baisse de son bénéfice de 8,5% en 2014, selon ses résultats publiés ce mardi 10 février. Des chiffres sanctionnés par la Bourse de Paris.

Dure année pour le bibendum. Michelin a connu une année difficile en 2014. Le fabricant de pneumatiques a ainsi accusé une baisse de son bénéfice de -8,5% à 1,03 milliard d'euros, le groupe invoquant notamment des "marchés peu porteurs".

Les ventes nettes du groupe, à 19,55 milliards d'euros, ont également enregistré un repli l'année dernière (-3,5%), mais le résultat opérationnel après éléments non récurrents a légèrement crû, passant de 1,97 à 1,99 milliard, tandis que les volumes vendus ont augmenté de 0,7%.

Cette baisse du chiffre d'affaires, qui était prévue par les analystes, malgré la croissance des volumes s'explique notamment, selon Michelin, par "un effet de change défavorable de 304 millions d'euros et un écart de périmètre de 75 millions".

Ce dernier effet est dû à "l'évolution de l'euro par rapport au dollar américain, fortement défavorable jusqu'à l'été", avant inversion à partir de septembre, ainsi que "la hausse de l'euro, globalement défavorable, par rapport au real brésilien, au rouble russe, au peso argentin et au dollar canadien", selon la même source.

Le groupe auvergnat souligne aussi qu'il a subi une évolution des prix négative à hauteur de 596 millions d'euros, et qu'"environ 35% correspondent aux ajustements liés aux clauses d'indexation sur les coûts des matières premières".

Pour le président du groupe, Jean-Dominique Senard, ces résultats "confirment la solidité des fondamentaux du groupe", qui escompte pour 2015 une croissance "en ligne avec l'évolution mondiale des marchés sur lesquels il opère", sans plus de précisions.

Une accélération du plan de compétitivité

Mais le dirigeant a aussi annoncé une accélération du "plan de compétitivité" 2012-2016 dont l'objectif d'économies passe de 1,0 à 1,2 milliard d'euros sur la période. La génération de flux de trésorerie disponible (cash-flow libre) chez Michelin a été de 322 millions d'euros en 2014, contre 1,15 milliard en 2013, tandis que l'endettement net est passé dans le même temps de 142 à 707 millions d'euros. Le ratio d'endettement reste très bas à 7%.

D'un point de vue commercial, la marque au bibendum a subi en 2014 des "marchés peu porteurs, à l'exception de l'Amérique du Nord et de la Chine", a-t-elle noté. Les ventes en volume de pneumatiques "tourisme et camionnette", qui représentent plus de la moitié de l'activité, ont progressé de 3% en première monte et de 4% en remplacement en 2014, avec des situations contrastées selon les continents, notamment -16% en première monte en Amérique du Sud, où les marchés automobiles brésilien et argentin se sont effondrés.

Vers une rentabilité de 11%

En Europe, la demande a augmenté de 3% au total, fruit de données très différentes entre l'Est et l'Ouest. Conformément à la hausse du marché dans l'Union européenne, les ventes en Europe occidentale ont ainsi crû de 5% mais elles ont baissé de 12% en Europe orientale, "dans un contexte géopolitique et économique difficile", c'est-à-dire la crise ukrainienne.

Cet effet est encore plus prégnant dans le domaine des pneus pour poids-lourds, où la contraction du nombre d'unités vendues en Europe en première monte est de 9%, tirée à la baisse par là encore l'Europe orientale (-35%). La chute est également brutale en Amérique du sud (-21%). A l'échelle mondiale, ce secteur recule d'1%. Pour 2015, outre une croissance "en ligne avec les marchés",

Michelin vise "un résultat opérationnel avant éléments non récurrents en croissance au-delà de l'effet de change, une rentabilité des capitaux employés supérieure à 11% et la génération d'un cash-flow libre structurel d'environ 700 millions d'euros, en parallèle du programme d'investissement de 1,7 à 1,8 milliards d'euros". Fin 2014, Michelin avait indiqué qu'il allait revoir à la baisse pour 2015 et 2016 son programme d'investissement, qui a finalement été de 1,88 milliard d'euros en 2014.

J.M. avec AFP