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Marwan Lahoud: "EADS est maintenant une entreprise libérée"

Marwan Lahoud (premier plan, aux côtés de  Tom Enders) prévientq u'il faudra attendre le nouveau conseil d'administration pour choisir la nouvelle stratégie d'EADS.

Marwan Lahoud (premier plan, aux côtés de Tom Enders) prévientq u'il faudra attendre le nouveau conseil d'administration pour choisir la nouvelle stratégie d'EADS. - -

Après l’échec de la fusion avec BAE, le directeur de la stratégie d'EADS explique sur BFM business que la redistribution de son actionnariat va lui permettre d’entamer librement son évolution.

BAE n’est plus une option pour EADS "les plats ne repassent pas, il faut regarder ailleurs" a déclaré d’un ton péremptoire, le directeur de la stratégie d'EADS, Marwan Lahoud, ce lundi 10 décembre sur BFM business. D’ailleurs, depuis l’échec de la fusion avec le britannique, les choses ont bien changé dans l'entreprise, avec un profond remaniement de l’actionnariat acté dans un accord signé le 5 novembre.

Le groupe va racheter 15 % de son capital au premier semestre 2013, soit plus de trois milliards d'euros. "EADS a la flexibilité pour le faire, et c’est un investissement pour l'avenir", explique Marwan Lahoud. Selon lui, cela va "libérer l’entreprise, lui donner des marges d’évolution".

Les Etats ne se cachent plus derrière des mandataires

La nouvelle structure actionnariale prévoit aussi que la France et l’Allemagne détiennent chacun 12% du capital, et l’Espagne 4%.

Voilà qui permet de clarifier la situation, selon le dirigeant. "Avant les Etats avaient un pouvoir qui s’exerçait à travers des délégataires, comme Daimler, par exemple qui représentait l’Allemagne. Jamais il n’aurait voté une décision sans accord de son Etat", explique Marwan Lahoud.

"C’en est fini des 50 % détenus par des Etats et des mandataires. Le capital est désormais détenu à 28% par des pays qui ne se cachent plus. Ils ont pris conscience qu’ils ne pouvaient plus se retrancher derrière des intermédiaires car il en va de la sécurité de leur nation", détaille le dirigeant.

Il rappelle, en effet, qu’EADS est le premier fournisseur de la Défense française mais aussi allemande, et qu’il l’est aussi pour l’Angleterre, mais à égalité avec BAE.

Choisir entre maintenir la diversification ou le recentrage

Mais le grand chantier d’EADS est maintenant de définir sa stratégie, puisqu’il a définitivement fait une croix sur son ambition mondiale avec BAE. Deux options s’offre au groupe. "Soit nous prenons l’option de l’équilibre, en gardant les activités militaire et civile, la fabrication et les services. Soit, à l’extrême, nous décidons de nous recentrer sur quelques activités".

Cette réflexion devrait aboutir lorsque le nouveau conseil d’administration sera en place, donc "pas avant le milieu de l’année prochaine", conclut Marwan Lahoud.

Il n’a par ailleurs pas voulu confirmer l'information du Financial Times, qui évoque la nomination de Jean-Claude Trichet, ancien patron de la Banque centrale européenne, au poste de président du conseil d’administration, en remplacement d’Arnaud Lagardère.

Coralie Cathelinais