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Les "taxis" amateurs bientôt autorisés en zone rurale?

Pour améliorer la mobilité en zone rurale, le gouvernement voudrait permettre à de simples automobilistes de transporter des personnes contre rémunération.

Pour améliorer la mobilité en zone rurale, le gouvernement voudrait permettre à de simples automobilistes de transporter des personnes contre rémunération. - Loic Venance - AFP

Pour développer la mobilité dans les zones rurales où les transports en commun sont rares ou inexistants, le gouvernement étudie une mesure qui permettra à des chauffeurs non professionnels, sous certaines conditions, de faire du transport de personnes contre rémunération.

Si les urbains disposent de multiples solutions, en zone rurale il n'est pas possible de se déplacer sans voiture. Pour beaucoup de personnes, un simple rendez-vous chez le médecin devient un cauchemar ou nécessite un budget conséquent. Idem pour se rendre dans un centre administratif ou aller à la gare, à un aéroport. Pour faciliter ces déplacements, le gouvernement a décidé de permettre à de simples automobilistes de transporter des personnes contre rémunération.

Selon le journal Les Échos qui dévoile ce projet, la mesure serait à l'étude depuis 2017, année durant laquelle les chauffeurs LOTI ont été "professionnalisés" et la startup Heetch condamnée entre autre pour "organisation illégale d'un système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non-professionnels". Sans parler d'UberPop, un service similaire, qui a été interdit dès France 2015.

Entre covoiturage et VTC

Pour bétonner cette idée à mi-chemin entre le covoiturage et le VTC, une rencontre aurait été organisée jeudi dernier avec les organisations du secteur "lors d'une réunion au ministère". Et pour légaliser le projet, la mesure pourrait être présentée cet automne dans le cadre de la future Loi d'orientation sur les mobilités (LOM). Selon la dernière version du projet de loi, il ne suffira pas de disposer d'un permis B pour arrondir ses fins de mois en faisant du transport de personnes.

Tout d'abord, ces taxis amateurs ne devront exercer que dans les "territoires ruraux à faible densité de population" dont les habitants sont pénalisés par "l'inexistence, l'insuffisance ou l'inadaptation de réseaux de transports publics collectifs". Il faudra aussi obtenir une autorisation des collectivités territoriales, présenter un casier judiciaire vierge et ne pas dépasser un niveau de rémunération qui n'est pas encore fixé. Une appli sera-t-elle développée pour commander une voiture? On ne le sait pas encore.

D'autres points seront être réglés. D'abord le remboursement des transports médicaux par la Caisse primaire d'assurance maladie qui devra donc conventionner ces chauffeurs. Mais aussi les trajets vers ou depuis les gares et les aéroports qui restent des points sensibles réservés aux taxis et depuis peu aux VTC.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco