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Les primes des dirigeants de Volkswagen font scandale

Nommé en septembre juste après l'éclatement du scandale, le PDG Matthias Müller avait rappelé que les employés du groupe, direction comprise, "allaient devoir se serrer la ceinture".

Nommé en septembre juste après l'éclatement du scandale, le PDG Matthias Müller avait rappelé que les employés du groupe, direction comprise, "allaient devoir se serrer la ceinture". - AFP- Odd Abdersen

"Selon le magazine allemand Der Spiegel, les membres du directoire du constructeur automobile refusent de renoncer complètement à leurs bonus malgré les effets désastreux du "Dieselgate"."

Il y a un an, Martin Winterkorn, alors président du directoire de Volkswagen, avait reçu un bonus de plus de 3 millions d'euros. Et malgré la vaste tricherie aux normes anti-pollution révélée en septembre et les difficultés financières qu’elles engendrent, les membres actuels du directoire n’entendent pas sacrifier entièrement leur rémunération variable, d’après le très sérieux hebdomadaire allemand Der Spiegel. "Les dirigeants veulent bien une réduction de leurs bonus, mais pas y renoncer complètement" précise ce magazine.

"Le directoire entend toujours être un modèle"

Des révélations qui ont immédiatement créé la polémique alors même que les rémunérations du directoire n'ont pas encore été rendues publiques. Elle le seront le 28 avril, dans le rapport annuel. "Le directoire entend toujours être un modèle" en termes de rémunération, a immédiatement précisé un porte-parole, qualifiant l'article du Spiegel de "spéculation".

Pour rappel, fin 2015 le nouveau patron de Volkswagen, Matthias Müller, arrivé précipitamment à la tête du géant automobile après l'éclatement du scandale des moteurs diesel truqués en septembre, avait prévenu que les employés du groupe allaient devoir se "serrer la ceinture, sur tous les plans, depuis la direction jusqu'aux employés".

Un dédommagement de 10 millions pour l'ex-DAF

Un credo qui n'a pas a été appliqué à la lettre. Selon le site du Spiegel, Hans-Dieter Pötsch, ancien directeur financier devenu en octobre président du conseil de surveillance, a empoché à l'occasion de ce changement de fonction un "dédommagement" de presque 10 millions d'euros, pour compenser une rémunération moindre.

Et ce, alors même que la découverte de l'installation sur onze millions de voitures d'un logiciel capable de tromper les contrôles anti-pollution et de faire passer les véhicules pour plus respectueux de l'environnement qu'en réalité, va coûter des milliards d'euros au constructeur de Wolfsburg. Mais entre le rappel géant pour mettre aux normes les véhicules, qui peine à se mettre vraiment en route, et les nombreuses plaintes tant de clients, de concessionnaires que d'états, le montant final de la facture de ce scandale est encore impossible à calculer.

A.R. avec AFP