BFM Business

Les passagers mal élevés vont avoir du mal à trouver un vol en Chine

Les compagnies aériennes chinoises ont décidé de créer une liste noire des passagers turbulents. Les mauvais comportements tels que le fait de se battre ou d'ouvrir les portes de secours seront sanctionnés.

Les compagnies aériennes chinoises veulent mettre fin aux mauvais comportements des passagers. Il faut dire que les incidents y sont très nombreux. Quelques exemples ont été médiatisés ces derniers temps. Ainsi, en décembre 2014, un vol de la filiale thaïlandaise d'AirAsia qui reliait Nanjing en Chine à Bangkok a dû faire demi-tour. Une passagère chinoise avait jeté un bouillon d'eau chaude et de nouilles au visage d'une hôtesse de l'air.

En janvier 2015, lors d'un vol de China West Air entre Lhassa et Chongqing, un passager a décidé de déclencher le toboggan de secours pour descendre de l'avion. En janvier toujours, 25 passagers de la China Eastern, énervés par le retard au décollage ont ouvert les portes de secours. Plus récemment, en août, lors d'un vol sur Shenzhen Airlines entre Nanjing et Guangzhou, des parents ont fait déféquer leur enfant sur le sol, devant les toilettes alors celles-ci étaient inoccupées.

En 2013, l'Administration nationale du tourisme avait publié un guide de bonne conduite. Guide qui n'a malheureusement pas empêché les mauvais comportements.

Les compagnies aériennes ont donc choisi de créer une liste noire. Cinq d'entre elles ont décidé de se communiquer les informations dont elles disposent sur ces clients indésirables et même d'en partager les noms avec les autorités en charge du tourisme ainsi que de l'aviation civile. Il s'agit d'Air China, China Eastern, China Southern Airlines, Hainan Airlines et Spring Airlines. À elles seules, ces compagnies représentent 80% du trafic du pays.

L'Association du trafic aérien en Chine a publié un règlement qui liste 10 formes de mauvais comportements comme forcer la porte du cockpit ou bloquer les sorties de secours. Toute personne qui ne respecte pas ce règlement pourra être inscrite sur la liste où les informations y seront conservées pendant deux ans. 

Les personnes figurant sur cette liste noire feront "l'objet de services limités", explique l'Administration nationale du tourisme. Un terme un peu vague qui signifierait peut-être une interdiction de vol.

Pour l'Administration nationale du tourisme, c'est l'inexpérience des touristes qui est en cause. La classe moyenne a explosé ces dernières années et voyage souvent pour la première fois en avion. Elle ne sait pas forcément quelle attitude adopter. Mais les autorités n'excusent en rien leurs comportements qui, selon elles, nuisent à l'image de la nation et font peser des risques sur la sécurité. Reste à espérer que la peur de la sanction fasse changer d'attitude les passagers les plus turbulents.

Diane Lacaze