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Les Français achètent moins de voitures diesel: que faire de la vôtre?

Vendre son véhicule diesel ou le garder, une question que pose la baisse des prix en occasion observée en avril.

Vendre son véhicule diesel ou le garder, une question que pose la baisse des prix en occasion observée en avril. - Flickr

Comme sur le neuf, les ventes de diesel d’occasion ont ralenti en France le mois dernier, avec, en plus, un tassement des prix. Inquiétant pour les propriétaires: doivent-ils vite se débarrasser de leur véhicule avant que les prix ne baissent encore ou le conserver?

Le diesel continue de perdre terrain. Hausse à venir de la fiscalité et des prix à la pompe, menace d’interdiction dans les grandes villes comme Paris, après le marché du neuf, le marché de l’occasion enregistre également un tassement des ventes des modèles gazole.

Légère baisse des prix

Notre partenaire AAA Data, spécialiste de la donnée automobile, nous a ainsi fourni en exclusivité les chiffres des immatriculations des véhicules d’occasion. En avril 2014, 330.500 voitures diesel avaient été vendues, contre 145.000 essence. En avril 2017, 304.500 diesel seulement ont été immatriculés, contre 152.000 essence.

La tendance est claire. Et ceux qui roulent aujourd'hui dans une voiture diesel doivent se préparer à la principale conséquence de ce déclin: la baisse des prix sur le marché de l'occasion. En avril, le site spécialisé AutoScout24 note ainsi un recul de 5% des prix sur un an. Cela va-t-il empirer?

Rapprochement des marchés du neuf et de l'occasion

"Oui, on note un tassement des ventes de diesel en occasion, car les habitudes des clients changent. Un doute s’est installé dans leur esprit: si j’achète un diesel aujourd’hui, pourrais-je l’utiliser demain? Les clients cherchent alors à lever ce doute et se tournent vers les essence", confirme Bruno Nomblot, membre du directoire Véhicules neufs et d’occasion au Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA).

Mais ce dirigeant de douze concessions entre la Bourgogne et Lyon ne veut pas tomber dans le catastrophisme. "Il faut bien prendre en compte les différences entre les territoires. A la campagne, les automobilistes roulent plus. Quand on fait 60 kilomètres par jour, il est beaucoup plus rentable de rouler en diesel qu’en essence", ajoute Bruno Nomblot. Pour lui, il n’y a pas de raison de s’inquiéter et de bazarder rapidement son diesel.

Certains modèles restent un bon investissement en diesel

Certains modèles continueront également d’être attractifs en diesel, comme les grandes berlines, les SUV ou des voitures plus iconiques comme la Volkswagen Golf par exemple. "Ce modèle par exemple devrait toujours trouver preneur, et se vendre très bien", rassure Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile. 

Qui conclut lui aussi: "Le retournement ne sera pas brutal, les évolutions des prix du carburant se font progressivement, poursuit l’économiste. Le marché du véhicule d’occasion reflète celui du neuf, avec quelques années de décalage".

Une moins-value de plusieurs milliards

Flavien Neuvy dresse cependant un constat simple. "Avec un parc diesel d’environ 20 millions de voitures particulières, même, une baisse de prix de 100 euros revient déjà à une moins-value de 2 milliards d’euros pour les automobilistes", résume l’économiste.

La mise en place d’une prime à la casse par Emmanuel Macron ne devrait rien changer à l’affaire. "Il faut attendre d’en connaitre les modalités, mais ce dispositif ne devrait pas avoir d’impact sur les prix de l’occasion, précise Flavien Neuvy. Cela peut en revanche faire augmenter les ventes de véhicules neufs".

Pauline Ducamp