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Le PDG d'Airbus estime que l'A380 a été lancé "trop tôt"

Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, est convaincu que l'A380 sera incontournable... dans une dizaine d'années.

Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, est convaincu que l'A380 sera incontournable... dans une dizaine d'années. - Nicholas Kamm - AFP

"Pour Fabrice Brégier, le patron d'Airbus, "l'A380 a été lancé trop tôt", peut-être même une décennie trop tôt. C'est la raison pour laquelle les compagnies aériennes ne se pressent pas au portillon pour en commander."

Le PDG d'Airbus, Fabrice Brégier, a estimé vendredi que l'A380, le gros-porteur du constructeur aéronautique européen, avait "été lancé trop tôt, peut-être dix ans avant l'heure", après qu'Air France a remplacé ses derniers modèles commandés par des A350 plus petits. "Je crois que l'A380 a été lancé trop tôt. Il a été lancé peut-être dix ans avant l'heure", a déclaré le dirigeant sur France Inter, affirmant toutefois que le gros porteur d'Airbus, qui a effectué son premier vol en 2005, était "un avion fantastique".

"Le marché n'est pas encore complètement là", a expliqué le patron d'Airbus, toujours convaincu de la pertinence d'un avion capable de transporter "entre 500 et 600 passagers". "Le marché aérien au niveau mondial va doubler de taille tous les quinze ans", porté par les pays en développement, et "on aura besoin de plus gros avions", a-t-il assuré. "On a déjà des aéroports saturés", a-t-il ajouté, citant les exemples de Londres, Hong Kong, New York et Los Angeles "où il y a beaucoup d'A380".

L'A380 ne se vend pas très bien

Fabrice Brégier a par ailleurs confirmé la décision d'Air France de convertir ses deux dernières commandes d'A380 en commandes de trois A350-900, d'une capacité de 300 à 400 sièges. "Oui, c'est vrai", a-t-il reconnu, soulignant que la compagnie française détenait déjà 10 A380 dont elle va "remettre à niveau les cabines pour les rendre encore plus attractives". "Pour moi c'est encore plus important", a-t-il commenté. L'A380 ne se vend pas très bien. Aucune commande de cet avion n'avait été passée pendant deux ans, avant que Téhéran, fin janvier, n'achète 118 appareils à Airbus, dont 12 A380.

N.G. avec AFP