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Le manque de personnel paralyse la Deutsche Bahn

La Deutsche Bahn a supprimé 60.000 personnes en dix ans.

La Deutsche Bahn a supprimé 60.000 personnes en dix ans. - -

La compagnie ferroviaire allemande fait l’objet de vives critiques outre-Rhin. Ces dernières semaines, les trains ont accusé d’importants retards et certaines gares n’ont été que partiellement desservies, à cause d’un manque de personnel.

"La Deutsche Bahn s'est couverte de ridicule." Le patron de la compagnie ferroviaire n'y va pas par quatre chemins pour commenter le chaos sur le rail allemand. Depuis ce weekend, Rüdiger Grube multiplie les sorties dans la presse pour présenter ses excuses.

En cause: une circulation des trains chaotique qui suscite de vives critiques contre la compagnie ferroviaire allemande. A Mayence par exemple, au sud-est de Francfort, il n'y a plus d'aiguilleurs, partis en vacances ou en congés maladie, et la gare n'est que très partiellement desservie.

Ces restrictions de personnel deviennent une affaire nationale, car elles relancent le débat sur la politique de recrutement de la Deutsche Bahn. Ces dix dernières années, la compagnie ferroviaire s'est séparée de 60.000 personnes, soit près d'un quart de son personnel.

Le problème du recrutement des aiguilleurs

Pour EVG, l'un de ses principaux syndicats du rail, la Deutsche Bahn est donc en sous-effectif dans tout le pays. Son président demande 1.000 aiguilleurs supplémentaires.

Le patron de la compagnie affirme, lui, que son entreprise est celle qui embauche le plus actuellement en Allemagne. L'an dernier, il a recruté 10.000 personnes pour faire face au vieillissement des effectifs.

Mais il le reconnait: trouver des aiguilleurs n'est pas facile. Face à la pénurie, il envisage même de rappeler des retraités. Reste à voir si cela suffira à calmer la grogne nationale. Selon un sondage récent, un tiers des Allemands sont mécontents de leur compagnie ferroviaire.

Au cœur de l'été, la Deutsche Bahn ne pouvait pas choisir pire moment. Le patron de la compagnie nationale a écourté ses congés, tout comme le personnel parti en vacances, mais le trafic peine toujours à revenir à la normale.

Thomas Sasportas