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Le défi chinois de Renault

Carlos Ghosn a assuré que l'ouverture de la première usine de Renault en Chine n'était qu'une "étape".

Carlos Ghosn a assuré que l'ouverture de la première usine de Renault en Chine n'était qu'une "étape". - Johanes Eisele -AFP

En inaugurant sa première usine dans le pays, le constructeur français tente de combler son retard sur ses concurrents. Le tout malgré une conjoncture pas vraiment idéale.

Renault a (enfin) franchi le pas. Le constructeur tricolore a inauguré lundi sa première usine en Chine, réalisant ainsi une implantation industrielle tardive sur le principal marché automobile mondial.

"C'est la première grande étape" pour le développement de Renault sur un marché crucial dont il restait quasi-absent, a déclaré son PDG Carlos Ghosn, lors d'une cérémonie à Wuhan, dans le centre du pays.

Fruit d'une coentreprise avec le constructeur chinois Dongfeng, l'usine de Wuhan dispose d'une capacité de production de 150.000 véhicules par an, une cadence qu'il devrait atteindre progressivement.

Dans un premier temps, l'usine assemblera le Kadjar, le dernier-né des "crossovers" de Renault, dans une version légèrement modifiée pour séduire les consommateurs chinois, très friands de 4x4 urbains (SUV). Puis un deuxième crossover sortira courant 2016 des chaînes de Wuhan.

"On arrive tard mais avec le bon produit"

"On voit une explosion sur ce créneau en Chine, et cela ne va pas s'arrêter. On arrive tard mais avec le bon produit" pour partir à l'assaut de la Chine, observe Jacques Daniel, directeur de la coentreprise - tout en reconnaissant que l'implantation se faisait dans une "conjoncture pas facile".

Ainsi, les ventes automobiles en Chine ont encore progressé de 4,7% l'an dernier, à 24,6 millions d'unités, mais marquent néanmoins un net ralentissement par rapport aux hausses de 14% et 7% constatées en 2013 et 2014. Le tout sur fond d'assombrissement économique, de turbulences boursières et de signes de saturation du marché dans les grandes métropoles.

Pourtant, "la Chine reste le principal moteur de croissance de l'industrie automobile mondiale", a insisté Carlos Ghosn, lors de la cérémonie d'inauguration.

Pour Jacques Daniel, Renault n'arrive "pas après la bataille": "On reste confiant sur le potentiel de croissance, et rentrer sur un marché de plus de 20 millions de véhicules est extrêmement intéressant", a-t-il fait valoir. D'autant que la Chine pourra servir de précieux relais de croissance au groupe, qui voit ses ventes se replier sur des marchés phares en difficulté, l'Amérique latine ou la Russie.

Y.D. avec agences