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Le Dakar, une course rentable mais toujours controversée

Le Dakar 2013 s'élancera de Lima ce samedi 5 janvier.

Le Dakar 2013 s'élancera de Lima ce samedi 5 janvier. - -

Le Dakar 2013 débute samedi 5 janvier, au départ de...Lima, au Pérou. Focus sur une course aussi rentable que sujette à polémiques.

Chaque année revient la même ritournelle, au moment où les concurrents du Paris Dakar s’élancent pour 14 jours de course. Les opposants au rallye montent au créneau pour dénoncer, en vrac : la pollution, le décès de participants ou d’autochtones, la dégradation de sites classés, etc.

Du coup, Amaury Sports Organisation (ASO), qui organise la course, soigne sa communication. Et met l’accent sur les côtés positifs, notamment pour les pays hôtes.

Après avoir déserté l’Afrique pour des raisons de sécurité, le Paris Dakar se déroule maintenant en Amérique du sud. Un impact économique certain pour le continent, chiffré par ASO à 294 millions de dollars pour l’édition 2012.

Jusqu'à 38 400 euros l'inscription

A cela, il convient d’ajouter la portée médiatique de l’évènement. Les 1200 heures de diffusion dans 190 pays et le milliard de téléspectateurs touchés font du Dakar l’une des manifestations sportives les plus vues du monde.

Les politiques locaux s’en réjouissent, à l’image d’Enrique Meyer, secrétaire d’Etat au tourisme en Argentine, qui déclarait en 2009 : "le Dakar a été l’action de promotion touristique la plus importante de toute l’histoire de l’Argentine depuis la Coupe du monde de football de 1978". Les hôtes versent ainsi une contribution au titre des frais d’organisation, à hauteur de 4 à 5 millions de dollars par pays.

Parmi les concurrents, le Dakar est toujours aussi populaire, puisqu’ils seront 459 à s’élancer le 5 janvier, contre 443 en 2012. Et ce malgré des frais d’inscription exorbitants : 14 800 euros pour un motard, et jusqu’à 38 400 euros pour un équipage de camion composé de trois personnes. Tout cela hors carburant, frais de visa, ou rapatriement éventuel.

184 sites archéologiques dégradés en trois ans

Mais tout ceci peine à éclipser les problèmes récurrents que rencontre le Dakar. Depuis sa création en 1979, 59 personnes y ont trouvé la mort. Des concurrents, organisateurs, journalistes, mais aussi des autochtones, dont plusieurs enfants.

Autre motif de contestation, la dégradation de sites traversés par le Dakar. Un rapport du Conseil chilien des monuments nationaux (dépendant du ministère de l’Education), en décembre 2011, fait état de 184 sites archéologiques endommagés en trois éditions. ASO , lui, assure "collaborer" avec les autorités locales afin d’éviter ce genre de situations.

Dernier point noir : la pollution. Cible des écologistes de tous bords, le Dakar ne produit pourtant "que" 42 000 tonnes de CO2. Soit 64 fois moins qu’une Coupe du monde de football (2,7 millions de tonnes), selon une étude du cabinet Espere.

 Mais le principal grief réside dans le fait qu’il encourage l’utilisation d’automobiles, au contraire d’autres évènements qui, eux, développent les pratiques sportives.

La couverture médiatique maîtrisée par ASO

Pour masquer ces éléments négatifs, ASO mise sur une communication calculée, voire verrouillée. Impossible, par exemple, de connaître le budget total de la course, ni la contribution de Total, l’un des deux sponsors principaux de l’épreuve.

Et les médias français ne sont pas légion pour évoquer le sujet : le quotidien sportif L’équipe appartient en effet au groupe Amaury, de même que Le Parisien.

Le groupe France télévisions, qui couvrira la course, se retrouve également coincé, car les droits du Dakar font partie d’un "pack" comprenant le Tour de France, soit l’un de ses produits phares en termes d’audience.

Yann Duvert