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Le CCE d’Air France vote contre le projet de compagnie low cost

Les élus du CCE d'Air France ont voté contre le projet "Boost" (image d'illustration)

Les élus du CCE d'Air France ont voté contre le projet "Boost" (image d'illustration) - Éric Piermont - AFP

Les élus du Comité central d'entreprise d'Air France ont voté mercredi à l'unanimité contre le projet "Boost" de nouvelle compagnie à coûts réduits. Un avis purement consultatif. La direction attend surtout la décision du SNPL, le premier syndicat de pilotes.

La création d'une filiale d'Air France, pierre angulaire du projet stratégique "Trust Together" (la confiance ensemble), repose désormais sur les épaules du SNPL. Le syndicat de pilotes majoritaire réunira ses instances le 17 mai prochain. Le Spaf, second syndicat, ne signera pas le projet d'accord, qui est ouvert à signature jusqu'au 31 mai.

Les élus présents mercredi 10 mai en CCE ont émis "à l'unanimité" un avis défavorable contre le projet "Boost", a-t-on appris de sources syndicales. Les représentants syndicaux de la CGT et du SNPL (le principal syndicat de pilotes), en l'absence de leurs élus, se sont "associés au vote contre", ont-ils précisé à l'AFP.

Le groupe aérien désire transférer dans une filiale les lignes d'Air France actuellement "ultra-déficitaires" sur moyen et long-courrier. Le modèle économique de la compagnie reposerait principalement sur l'embauche d'hôtesses et stewards moins bien rémunérés qu'à Air France.

Le projet d'accord soumis aux syndicats de pilotes prévoit que les vols "Boost" soient gérés exclusivement par des pilotes Air France. Des garanties en matière d'activité (temps de vol), vis-à-vis de la consoeur néerlandaise KLM, sont également promises.

Les objectifs fixés sont "impossibles" 

Les élus du CCE ont vivement protesté contre l'existence, dans le projet d'accord, d'une indemnité forfaitaire versée aux pilotes si ce rééquilibrage d'activité n'était pas respecté.

"Pour ne pas avoir (à payer) la prime, il faudrait qu'Air France fasse 4% de croissance par an pour rattraper KLM, ce qui est impossible", a indiqué Karim Taïbi (FO), se fondant sur un rapport commandité par le CCE. Ce document prédit "que dès 2018, Air France ne sera pas en capacité de respecter ces engagements" a précisé Jérôme Beaurain (SUD). Selon lui, "tous les gains générés par "Boost" risquent d'être totalement absorbés".

La CFDT, pourtant "favorable à l'ambition initiale" d'un projet bâti sur "la croissance", a voté contre Boost pour la même raison. Le mécanisme proposé aux pilotes, en plus de pouvoir "mettre en péril l'équilibre économique" du projet, est "une augmentation salariale déguisée", a protesté auprès de l'AFP sa représentante Béatrice Lestic.

Sollicitée, la direction d'Air France n'a pas fait de commentaire.

A.M. avec AFP