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Lâchée par Lufthansa, Niki demande sa mise en insolvabilité

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- - Marcel Kusch - AFP

La filiale autrichienne de la compagnie en faillite Air Berlin a réclamé ce mercredi au tribunal sa mise en insolvabilité après que Lufthansa a annoncé renoncer à la racheter.

La compagnie aérienne Niki, filiale d'Air Berlin en quête de repreneur, se retrouve au bord de la faillite après le désistement mercredi du géant allemand Lufthansa et place désormais ses espoirs dans une possible offre d'achat de son fondateur, l'ancien champion de Formule 1 Niki Lauda.

Mastodonte du transport aérien via ses multiples filiales (Lufthansa, Eurowings, Swiss, Austrian et Brussels Airlines), Lufthansa a choisi de renoncer à Niki dans l'espoir de convaincre les autorités de la concurrence à Bruxelles d'entériner l'achat d'autres activités d'Air Berlin, compagnie berlinoise en faillite.

"Lufthansa a informé Air Berlin et ses administrateurs judiciaires de son intention de poursuivre la transaction prévue sans le rachat de Niki", a fait savoir la société mercredi dans un communiqué.

1000 salariés sur le carreau

Le groupe allemand comptait initialement s'offrir plus de la moitié des avions et un tiers du personnel d'Air Berlin, mais une telle domination sur le ciel européen ne semble pas du goût de Bruxelles.

En renonçant à l'achat de la vingtaine d'appareils de l'Autrichien Niki, Lufthansa pourrait satisfaire aux exigences européennes mais laisse sur le carreau le millier de salariés de cette compagnie low-cost que Niki Lauda avait créée en 2003.

L'homme d'affaires de 68 ans, qui avait cédé la totalité de ses parts à Air Berlin en 2011, pourrait de nouveau jouer un rôle clef dans la course contre la montre qui s'engage en vue du sauvetage de la compagnie.

Quelques heures après le désistement de Lufthansa, Niki a demandé son placement en insolvabilité à un tribunal de Berlin tandis que le triple champion du monde de F1 a annoncé être "intéressé" par son achat. "Je vais m'en occuper", a-t-il déclaré à l'agence autrichienne de presse APA, se disant prêt à une éventuelle reprise en solo. Niki Lauda avait formulé en septembre, avec le Britannique Condor, une offre de reprise de 100 millions d'euros pour Niki, mais celle-ci avait été écartée au profit de celle de Lufthansa.

Berlin critique en creux Bruxelles

Le gouvernement allemand, critiquant en creux l'intransigeance de Bruxelles, s'est pour sa part montré pessimiste sur l'avenir de Niki : "Jusqu'à présent, aucun repreneur alternatif n'est disponible", selon Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel. Il a ajouté que le retrait de Lufthansa allait entraîner "l'insolvabilité et la cessation d'activité" de Niki.

La Commission européenne a jugé "regrettable" le désistement de Lufthansa. "Il faut empêcher les avions d'être cloués au sol" du jour au lendemain, s'est alarmé Johannes Schwarcz, le patron du syndicat autrichien des transports et des services Vida. Le ministre autrichien des Transports a réclamé une solution d'urgence pour la préservation de l'emploi et afin d'"éviter le chaos" pour les voyageurs en pleine période de fêtes.

Aucune annulation de vol n'est prévue pour le moment à la suite de l'annonce du désistement de Lufthansa, assurait mercredi soir Niki.

N.G. avec AFP