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La colère du ministre des Finances allemand contre Volkswagen

Le ministre des Finances n'accepte pas l'attitude des dirigeants de Volkswagen.

Le ministre des Finances n'accepte pas l'attitude des dirigeants de Volkswagen. - Emmanuel Dunand - AFP

"Le constructeur automobile prévoit de verser plus de 63 millions d'euros pour 2015. Le ministre allemand rappelle pourtant que c'est une année marquée par le scandale des trucages de testes antipollution."

"Je n'ai pas de sympathie pour les managers qui commencent par entraîner une entreprise de premier plan dans une crise potentiellement mortelle et qui défendent ensuite leurs primes personnelles lors d'un débat public". Wolfgang Schaüble, ministre allemand des Finances, dénonce dans le Frankurter Allgemeine Sonntagszeitung, l'attitude des dirigeants de Volkswagen. "Cela montre que quelque chose ne fonctionne pas".

Le constructeur automobile prévoit de verser 63,24 millions d'euros pour l'année 2015 à ses 12 membres du directoire.

Pourtant, en fin d'année, Matthias Müller, arrivé précipitamment à la tête du géant automobile après l'éclatement du scandale, avait prévenu que les employés du groupe allaient devoir se "serrer la ceinture, sur tous les plans, depuis la direction jusqu'aux employés". Et Bernd Osterloh, représentant des salariés au sein du conseil de surveillance de Volkswagen, avait appelé les dirigeants du géant européen de l'automobile à respecter la "morale" en renonçant à leurs juteux bonus.

Perte de 1,6 milliard d'euros

L'année passée a été marquée par un scandale d'envergure. Le mastodonte allemand avait reconnu en septembre avoir installé sur 11 millions de véhicules dans le monde un logiciel capable de les faire passer, au moment des tests de contrôle, pour moins polluants qu'ils ne le sont en réalité. L'affaire est devenue la plus importante crise jamais traversée par le groupe. Elle lui a fait perdre jusqu'à un tiers de sa valeur en Bourse et a poussé à la démission son président du directoire, Martin Winterkorn.

Le groupe allemand a enregistré une perte nette de 1,6 milliard d'euros, la première depuis plus de vingt ans, affaibli par plus de 16 milliards d'euros de provisions pour faire face à l'affaire et aux nombres rappels de véhicules prévus.

D. L.