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La CGT Renault dénonce la tempête médiatique qu'elle a provoquée

La CGT Renault reproche à une part importante de la presse "à la recherche de scoop" de s'être déchaînée sur le pseudo-parallèle des tricheries de Volkswagen.

La CGT Renault reproche à une part importante de la presse "à la recherche de scoop" de s'être déchaînée sur le pseudo-parallèle des tricheries de Volkswagen. - Jean-François Monier-AFP

La CGT s'étonne des conséquences médiatiques et boursières de ses révélations sur l'enquête en cours sur les émissions de gaz polluants. Force Ouvrière fustige cette initiative du syndicat qui a "fragilisé" Renault.

La CGT a-t-elle mesuré les conséquences de la révélation d'une "descente" de la DGCCRF dans les locaux de Renault, à la suite de l'enquête gouvernementale déclenchée après le scandale Volkswagen? Apparemment non. Le syndicat s'en étonne même, avec une candeur qui confine à la mauvaise foi...

La coordination CGT de Renault a vivement déploré "l'emballement médiatique" qui a suivi jeudi les révélations par son syndicat du centre technique de Lardy (Essonne) de perquisitions par la répression des fraudes.

Après ces révélations, le jeudi 14 janvier 2016, confirmées par Renault, le titre du groupe automobile avait perdu jusqu'à plus de 23% de sa valeur, pour clôturer à -10% en fin de journée. Ségolène Royal avait même été contrainte de rassurer publiquement actionnaires et salariés en précisant qu'aucun logiciel de fraude aux émissions polluantes n'avait été détecté chez Renault. 

Le syndicat reproche à "une part importante de la presse", "à la recherche du scoop", de s'être "déchaînée" sur le pseudo parallèle des tricheries de Volkswagen, "sans une fois encore se préoccuper des réalités vécues". Avec "des conséquences particulièrement désastreuses pour les salariés mais aussi pour les clients de Renault".

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Ces déclarations de la CGT du constructeur automobile sont très surprenantes. En effet, le syndicat est à l'origine directe de la "tempête", qu'il a déclenchée. Dans un communiqué envoyé dans la matinée du jeudi 14 janvier 2016 à la presse avec le tract, le syndicat du centre technique de Lardy (Essonne) écrivait que les perquisitions avaient été menées dans des "secteurs" ("homologation et mise au point des contrôles moteur") qui "laissent fortement penser" que ces "perquisitions" sont "liées aux conséquences de l'affaire des moteurs truqués de Volkswagen".

L'initiative de la CGT est d'ailleurs vertement critiquée par Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force ouvrière, qui a dénoncé une "une opération de la part de la CGT qui est vraiment prématurée. On ne doit pas lancer comme ça en pâture des éléments qui ne sont pas encore complètement fondés", a-t-il commenté sur l'antenne de Sud Radio.

"On n'a pas les résultats, et balancer ça comme ça, ex abrupto, on en voit les conséquences: tout de suite une fragilisation, même si pour moi ça n'est que l'action, mais quelles seront les conséquences sur l'entreprise en tant que telle?", a-t-il ajouté.

F.Bergé