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L'État portugais "renationalise" la compagnie aérienne TAP

L'Etat déboursera 1,9 million d'euros pour racheter 11% du capital à l'homme d'affaires américano-brésilien David Neeleman, fondateur de la compagnie brésilienne Azul, et à son associé portugais, Humberto Pedrosa, qui avaient acquis 61% des parts de la TAP.

L'Etat déboursera 1,9 million d'euros pour racheter 11% du capital à l'homme d'affaires américano-brésilien David Neeleman, fondateur de la compagnie brésilienne Azul, et à son associé portugais, Humberto Pedrosa, qui avaient acquis 61% des parts de la TAP. - Patricia De Melo Moreira-AFP

Le gouvernement socialiste du Portugal a porté de 39% à 50% la part de l'État dans la compagnie aérienne TAP. Il va débourser  1,9 million d'euros pour revenir sur la privatisation décidée par l'exécutif précédent de droite.

Une ex-compagnie aérienne national partiellement renationalisée : c'est ce qui arrive à la TAP portugaise. Le gouvernement socialiste du Portugal a porté la part de l'Etat dans la TAP de 39% à 50%, revenant ainsi partiellement sur une privatisation décidée par le précédent exécutif de droite, a annoncé, ce samedi 6 février 2016, le Premier ministre Antonio Costa.

L'État déboursera 1,9 million d'euros pour racheter 11% du capital à l'homme d'affaires américano-brésilien David Neeleman, fondateur de la compagnie brésilienne Azul, et à son associé portugais, Humberto Pedrosa, qui avaient acquis 61% des parts de la TAP dans le cadre de sa privatisation en 2015.

"Le gouvernement n'interviendra pas dans la gestion quotidienne de la TAP, qui restera aux mains des actionnaires privés", a déclaré Antonio Costa à l'issue de la signature d'un accord avec le consortium Gateway dirigé par M. Pedrosa.

Le gouvernement aura une voix prépondérante au conseil d'adminitration

Le gouvernement aura cependant "une voix prépondérante au sein du conseil d'administration de la TAP" qui comptera six représentants de l'État et six du consortium, a précisé le ministre des Infrastructures, Pedro Marques.

"La TAP deviendra une compagnie plus forte qui sera ainsi en meilleure position pour défendre les intérêts stratégiques du Portugal", a fait valoir le Premier ministre.

Reconduit après les élections du 4 octobre 2015 mais sans majorité absolue, le précédent gouvernement de droite de Pedro Passos Coelho avait été évincé au Parlement le 10 novembre 2015, par une alliance inédite du Parti socialiste avec la gauche radicale.

Deux jours plus tard, alors démissionnaire, l'exécutif avait finalisé, malgré les critiques de la gauche, la vente de 61% du capital de la compagnie aérienne au consortium Gateway. Nommé depuis Premier ministre, le socialiste Antonio Costa avait promis dans son programme qu'il "ne permettrait pas que l'État perde plus de la moitié du capital de la TAP".

F.Bergé avec AFP