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L'Egypte signe pour les Mistral russes

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- - Jean-Sebastien Evrard - AFP

Les négociations étaient en bonne voie, un accord avait été trouvé. C'est désormais plié: l'Egypte a bien signé pour acquérir les Mistral que la France a renoncé à livrer à la Russie en pleine crise ukrainienne.

C'est officiel ! L'entourage du Premier ministre Manuel Valls a annoncé ce samedi que l'Egypte avait signé pour acheter deux Mistral à la France. Il s'agit des deux bâtiments à l'origine destinés à la flotte de l'armée russe. Mais en plein coeur de la crise ukrainienne, Paris, sous la pression de ses partenaires européens, avait dû renoncer à livrer les bateaux de guerre au Kremlin. 

Cette signature était la dernière étape attendue puisque Le Caire et Paris avait déjà indiqué en septembre qu'un accord avait été trouvé pour l'acquisition des Mistral. Le président français François Hollande avait annoncé le 23 septembre qu'il s'était mis d'accord sur cette vente avec son homologue Abdel Fattah al-Sissi. A l'époque, l'entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, évoquait un contrat d'environ 950 millions d'euros.

Une somme exactement équivalente à celle que la France a versé aux autorités russes en contrepartie de l'annulation de la livraison de la vente à la Russie des deux bâtiments de projection et de commandement Mistral conclue en 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy. 

Depuis l'officialisation de cette annulation, début août 2015, des négociations étaient en cours avec une dizaine de pays, dont l'Egypte et l'Arabie Saoudite.

Le spectaculaire rapprochement de Paris et du Caire

Cette signature s'inscrit dans le cadre d'un contrat franco-égyptien de 5,2 milliards d'euros qui comprend aussi des missiles et une frégate. Elle intervient alors que Manuel Valls est en Egypte dans le cadre d'une tournée de quatre jours au Moyen-Orient. 

Ce nouveau contrat illustre le spectaculaire rapprochement de Paris depuis moins d'un an avec le régime de M. Sissi, l'ex-chef de l'armée qui a destitué en 2013 le président islamiste élu Mohamed Morsi et réprime depuis, de manière implacable, ses partisans mais aussi toute forme d'opposition.

François Hollande a plusieurs fois invoqué le rôle essentiel selon lui de l'Egypte dans la lutte contre le terrorisme, notamment contre l'organisation jihadiste Etat islamique (EI) dont la branche locale multiplie les attentats meurtriers en Egypte depuis 2013.

La France a d'ailleurs déjà signé avec l'Egypte de très gros contrats de vente d'armements. Le Caire a acheté en février 24 avions de combat Rafale, une frégate multimissions FREMM et des missiles, pour un total estimé à 5,2 milliards d'euros avec équipements et formation. L'entourage du Premier ministre insistait d'ailleurs samedi sur le "contexte porteur" des relations franco-égyptiennes, tant sur le plan politique que commercial.

N.G. avec aAFP