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L'aéroport de Beauvais-Tillé victime de la loi Macron

En libéralisant le transport par bus, la loi Macron a mis fin au monopole dont bénéficiait le concessionnaire de Beauvais-Tillé. Un autocariste allemand veut proposer une alternative. Une catastrophe pour les finances de l'aéroport qui tente de bloquer ce concurrent.

La concurrence c'est bon pour le consommateur, mais pas pour ceux qui bénéficient d'un monopole. En libéralisant les lignes de bus, la loi Macron a fait ainsi une victime inattendue: l'aéroport de Beauvais-Tillé. Non pas que les fans de Ryanair se détournent de la compagnie low-cost omnprésente dans cet aéroport et lui préfèrent l'autocar remis au goût du jour. Le problème concerne plus directement l'entreprise privée à qui a été confiée la gestion de l'aéroport.

La Sageb réalise en effet une grosse partie de son chiffre d'affaires grâce à la ligne de bus qui relie Paris à Beauvais-Tillé, seul moyen de transports publics pour rejoindre l'aéroport depuis Paris. Mais Flixbus a décidé de se lancer dans la bataille. L'autocariste allemand a déposé, fin décembre, une demande d'exploitation sur les mêmes créneaux horaires. Mais au lieu d'une navette dont les prix oscillent entre 15,90 et 17 euros, le trajet avec Flixbus sera à moins de 10 euros, rapporte Le Courrier Picard.

Un jugement très attendu

La ligne étant inférieure à 100 km, son exploitation doit néanmoins être soumise à autorisation. Le SMABT, Syndicat Mixte de l'Aéroport Beauvais-Tillé, a profité de cette disposition pour déposer une requête d'interdiction auprès de l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières. Cette dernière rendra son jugement le 24 février.

Et il est particulièrement attendu. En effet, l'enjeu est énorme puisqu'un rapport de la chambre régionale des comptes de 2007 note que les principales ressources de l'aéroport viennent … des lignes de bus et non pas des redevances payées par les compagnies aériennes. Flixbus ironise d'ailleurs dans le Courrier Picard: "ce n’est plus un aéroport disposant d’une navette, mais une navette disposant d’un aéroport".

Pour 2014, les détails des comptes de l'aéroport ne sont pas connus. Mais la Sageb précise tout de même que Flixbus pourrait lui faire perdre un tiers de son chiffre d'affaires.

Diane Lacaze