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Grève chez les chauffeurs de VTC ce vendredi

Les chauffeurs de VTC protestent contre leurs conditions de travail, et dénoncent notamment la baisse des tarifs.

Les chauffeurs de VTC sont en grève ce vendredi 18 décembre. "Être VTC aujourd'hui en France c'est un piège", dénoncent-ils. Après s'être rassemblés aux abords des aéroports parisiens de Roissy et d'Orly, 500 chauffeurs, selon un des organisateurs, ont démarré en début de matinée une opération escargot en direction la porte Maillot à Paris, en réponse à l'appel de trois associations de chauffeurs indépendants (SETP, CAPA VTC et Actif-VTC). Mais selon une source préfectorale, ils n'étaient que 50 à 160 VTC à avoir quitté peu après 8h l'aéroport Roissy Charles-de-Gaulle. D'après cette source, il n'y a pas eu d'incident.

Certains véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) non-grévistes ont toutefois été empêchés de prendre des clients à Roissy par des grévistes, a constaté un photographe de l'AFP. "Il y a eu quelques débordements mais aucune violence ne sera tolérée", a affirmé Helmi Mamlouk, président de l'association CAPA-VTC. En juin, de violents incidents avaient opposé taxis et VTC.

À 11 heures, devant le palais des congrès de la porte Maillot, à l'entrée ouest de la capitale, une cinquantaine de berlines attendaient leurs collègues partis des aéroports. Sur l'une d'elles, une banderole avec le message "chauffeurs en colère", une autre "ubérisation = paupérisation".

Les chauffeurs, en costumes noirs, refusaient pour la plupart de s'exprimer, renvoyant les journalistes vers le porte-parole de VTC de France. "Beaucoup de VTC ont cru pouvoir gagner leur vie décemment" mais "être VTC aujourd'hui en France c'est un piège (...) ils se retrouvent endettés, dans une précarité totale et sans cadre juridique clair et précis", explique à l'AFP Mohamed Radi, secrétaire général de l'association.

En moyenne, tous frais déduits (commission, taxe, location du véhicule, essence), il reste 2.000 euros par mois à Emmanuel Spina, adhérent à Actif-VTC, qui affirme travailler "70 à 90 heures par semaine", soit nettement en dessous du Smic horaire. "Certains vont au-delà de 90 heures et dorment dans les voitures", dit-il.

Victimes de la guerre des prix

Les chauffeurs s'estiment victimes de la guerre des prix qui fait rage entre les éditeurs d'applications de réservation par smartphone (Uber, Chauffeur Privé, etc.), mais aussi entre ces sociétés et les taxis. Le mastodonte du secteur, Uber, a décidé début octobre de réduire de 20% ses tarifs à Paris, et le minimum de course est passé de huit à cinq euros. La société assure que la baisse des prix s'accompagnera automatiquement d'une hausse de la clientèle, réfutant ainsi toute diminution du chiffre d'affaires.

Les hostilités ont été relancées avec l'arrivée de nouvelles offres commerciales de taxis visant des noctambules circulant le week-end, via des ristournes de 20% réservées aux 15-25 ans pour G7, ou un forfait de 10 euros la course pour la société Taxis Bleus. "Les plateformes, les unes après les autres, baissent leurs tarifs, se plient à la règle dictée par la société américaine Uber qui a cassé le marché", explique Mohamed Radi, porte-parole de VTC de France.

Les VTC, qui sont 9.000 en Ile-de-France, selon la fédération des exploitants de ces véhicules, n'ont "jamais" été "écoutés" depuis leurs actions menées en juin et octobre, affirme-t-il. Les organisateurs de la manifestation se tournent aujourd'hui vers l'État pour que les tarifs des VTC soient réglementés, avec l'instauration de tarifs minimum, à l'instar des taxis.

Les chauffeurs VTC réclament plus largement d'être davantage associés à la gestion des applications mobiles. "Les conditions de partenariat ne sont plus réunies", estime le SETP, qui réclame notamment "la mise en place d'une commission disciplinaire" pour faire la transparence sur les déconnexions des chauffeurs, momentanées ou définitives, pratiquées par les plateformes. Selon l'association VTC de France, Uber a majoré pour la journée de vendredi le prix des courses en Ile-de-France, pour les chauffeurs, afin de les inciter à travailler.

D. L. avec AFP