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Grève à Air France: pourquoi le conflit perdure

Les pilotes d'Air France, lors d'une manifestation mardi 23 septembre, à proximité de l'Assemblée nationale.

Les pilotes d'Air France, lors d'une manifestation mardi 23 septembre, à proximité de l'Assemblée nationale. - Eric Feferberg - AFP

Le mouvement de grève des pilotes en est à son douzième jour de grève, ce vendredi 26 septembre. Après le retrait du projet Transavia Europe, les négociations bloquent sur le contrat unique des pilotes au sein du groupe.

La grève à Air France ne faiblit pas. Ce vendredi 26 septembre marque le douzième jour d'un mouvement qui est d'ores et déjà le plus long pour la compagnie aérienne.

Les négociations, suspendues jeudi soir en raison de la tenue d'un conseil d'administration, doivent reprendre à 15h.

Mercredi soir, la direction a proposé aux pilotes de retirer le projet Transavia Europe, qui cristallisait les craintes des syndicats, ces derniers redoutant "un dumping" social. Malgré cette importante concession, Transavia Europe étant la pierre angulaire du plan "Perform 2020" du groupe, la grève n'a pas encore été stoppée.

La pierre d'achoppement porte encore sur la grande revendication des syndicats: un contrat pilote unique au sein du groupe, qui s'appliquerait à tous les pilotes quelle que soit la compagnie (Air France, Hop!, Transavia) pour les avions de plus de 110 places.

"Mercredi, les négociations se sont bien passées. Jeudi à 15h on a assisté à un véritable rétropédalage de la part de la direction qui ne voulait plus rien signer", indique-t-on du côté du SNPL AF Alpa.

"Le low-cost ne se résume pas à la réduction des coûts"

Ce contrat de groupe pilotes alignerait les conditions de travail sur celle d'Air France. Or le conseil d'administration d'Air France a jugé que cette exigence est "totalement contraire" au projet Transavia France, apportant son soutien à la direction.

Cette dernière juge qu'il est impossible de faire du low-cost avec un tel contrat. Or, selon un porte-parole du SNPL AF Alpa, "les pilotes sont prêts à faire une ou deux concessions" mais "le low-cost ne se résume pas à la réduction des coûts".

Actuellement, les différences entre les contrats de pilotes chez Transavia et Air France port essentiellement sur les heures de vols et les avantages sociaux. Les pilotes de Transavia effectuent entre 700 et 800 heures, contre 600 heures en moyenne chez Air France, ce qui s'explique en grande partie par les sureffectifs chez Air France.

De plus, les pilotes de Transavia France ne disposent pas des généreuses prestations sociales qu'ont leurs collègues d'Air France, que ce soit sur les retraites complémentaires ou la mutuelle santé.

En revanche, il n'y a pas de gros écart salarial. Un copilote débutant touche même plus chez Transavia que chez Air France, avec 87.000 euros annuels bruts contre 75.000 euros. Un jeune commandant de bord, touche 164.000 euros chez Transavia, un pilote moyen-courrier chez Air France gagne, lui, entre 155.000 et 175.000 euros.

Julien Marion avec AFP