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Ghosn "confiant" sur la présence future de Nissan au Royaume-Uni

Carlos Ghosn affiche sa confiance

Carlos Ghosn affiche sa confiance - Fred Dufour - AFP

Alors que l'avenir du site de Sunderland s'écrit en pointillé pour cause de Brexit, le PDG de Renault Nissan a fait savoir dans un communiqué qu'il était "impatient de poursuivre la collaboration fructueuse" avec le Royaume-Uni.

Le PDG de Nissan Carlos Ghosn s'est dit vendredi "confiant" dans le fait que le Royaume-Uni resterait un pays compétitif à l'issue d'un entretien avec la Première ministre Theresa May, sur fond d'interrogations sur l'avenir de son usine géante de Sunderland.

Le patron du groupe japonais, également PDG du français Renault, s'est entretenu avec la chef du gouvernement britannique à la mi-journée au 10, Downing Street, avant d'en ressortir sans faire de commentaire.

Mais le service de presse de Nissan a peu après diffusé un communiqué où Carlos Ghosn s'est dit "confiant dans la capacité du gouvernement à garantir que le Royaume-Uni reste un endroit compétitif pour faire des affaires". "Je suis impatient de poursuivre la collaboration fructueuse entre Nissan et le gouvernement britannique", a ajouté le patron.

Une usine à l'avenir incertain

Le groupe japonais exploite à Sunderland (nord de l'Angleterre) la plus grande usine d'automobile du pays, avec près de 7.000 employés. Environ 80% des quelque 2.000 voitures qui y sont produites tous les jours sont exportées vers 130 pays du monde entier.

Il s'agit du plus grand site industriel en Europe de Nissan, qui y assemble notamment ses populaires 4x4 urbains Juke et Qasqhai, ainsi que sa voiture électrique Leaf, porte-étendard de sa technologie dans ce domaine.

Mais fin septembre, Carlos Ghosn a prévenu qu'il souhaitait que le gouvernement britannique s'engage sur des "compensations" à l'imposition d'éventuelles barrières douanières dans la foulée du Brexit avant de prendre des décisions engageant l'avenir du site de Sunderland.

"Si je dois décider d'un investissement dans les prochains mois, je ne peux pas attendre jusqu'à la fin du (processus du) Brexit. Il va falloir que je conclue un accord avec le gouvernement britannique", avait averti Carlos Ghosn en marge du Mondial de l'automobile à Paris.

Certains modèles produits à Sunderland vont devoir être remplacés, ce qui exige d'importants investissements industriels, mais la direction de Nissan semble peu goûter à l'incertitude entourant les négociations à venir sur le Brexit.

À l'issue de l'entretien avec Carlos Ghosn, Theresa May a déclaré pour sa part que son gouvernement était "déterminé à créer les conditions pour que l'industrie automobile soit de plus en plus puissante au Royaume-Uni".

Son intervention récente lors du Congrès du Parti Conservateur a toutefois laissé penser aux observateurs que le Royaume-Uni pourrait se diriger vers un Brexit "dur", au risque de priver le pays d'un accès libre au marché unique européen.

J.M. avec AFP