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Fusion EADS/BAE: Londres menace d'utiliser son véto

Londres ne veut pas que la future fusion entre EADS et BAE soient prisonnière des intérêts étatiques

Londres ne veut pas que la future fusion entre EADS et BAE soient prisonnière des intérêts étatiques - -

Inquiet de la montée au capital des Etats allemands et français, le Royaume-Uni serait prêt à bloquer les négociations portant sur la fusion entre l'avionneur EADS et le groupe de défense BAE.

Le projet de mégafusion aéronautique entre l’européen EADS et le britannique BAE Systems risque à nouveau de capoter. Après la reprise des négociations samedi, un nouveau rebondissement a eu lieu, ce dimanche 7 septembre. Londres a en effet menacé d’utiliser son veto concernant les négociations devant mener à la finalisation du projet.

Car ce projet doit "répondre à certaines priorités non négociables", a déclaré Philip Hammond, le secrétaire britannique à la Défense. Le Royaume-Uni fait partie, avec la France et l’Allemagne, des trois pays qui possèdent des enjeux stratégiques liés à ce possible mariage entre les deux sociétés. Et Londres s’inquiète plus particulièrement de la montée au capital des Etats français et allemand. "Nous voulons que cette société prospère en tant qu'entreprise commerciale, concentrée sur des choses qui soient bonnes pour elle, qu'elle ne soit redevable d'aucun Etat ou contrôlée par quelque Etat que ce soit", a dit Philip Hammond à la BBC.

Il ajoute : "il n'est pas nécessaire qu'il n'y ait aucun intérêt français ou allemand dans la société mais il est nécessaire de ramener ces intérêts en deçà du niveau à partir duquel ils peuvent contrôler ou influer la manière dont la société se comporte".

Actuellement, Paris détient 9% du capital de la future entité, et Berlin veut désormais avoir une part équivalente à celle possédée par la France. De plus, cette dernière n’exclut pas d’augmenter encore sa participation, ce qui irrite Londres.

La date du 10 octobre de plus en plus incertaine

Comme le Royaume-Uni, EADS et BAE Systems veulent une intervention minimale des Etats, ne serait-ce que pour protéger les acquis du groupe britannique aux Etats-Unis, très présents sur des contrats du Pentagone dits "sensibles".

Le temps presse toutefois pour ce projet. EADS et BAE doivent rendre le 10 octobre prochain le projet de fusion aux autorités de régulation britannique. Les dirigeants d'EADS ont plusieurs fois fait savoir qu’ils comptaient tout faire pour tenir cette date butoire.

Mais inévitablement des bruits commencent à circuler sur un éventuel report.Selon une source gouvernementale française, la date-limite pourrait être repoussée de 28 jours.

Julien Marion et Reuters