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Fin du monopole à Roissy : les taxis en colère

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Des députés UMP ont adopté hier un amendement abolissant le monopole des taxis parisiens dans les aéroports franciliens. En colère, les taxis de la capitale annoncent une opération escargot jeudi prochain.

Ils n'ont pas tardé à riposter. Les taxis parisiens vont mener une opération escargot jeudi prochain 25 février au départ des aéroports de Roissy et Orly, a annoncé le Syndicat de Défense des Conducteurs du Taxi parisien. Ils protestent contre un amendement de députés UMP (soutenu par le PS en commission) qui supprime leur monopole dans la desserte des aéroports franciliens. En effet, les taxis de banlieue ne sont pas autorisés à prendre des clients en charge à Orly et Roissy.

« Que chacun reste dans son territoire »

Hors de question de se laisser piquer le marché, rétorquent les taxis parisiens. « Que chacun reste dans son territoire », lance, en colère, Djilalil Vouanfouf, secrétaire général du Syndicat de défense des chauffeurs de taxis parisiens. Précisant que les tarifs appliqués par les taxis de banlieue et ceux de Paris ne sont pas les mêmes, il affirme que si on laisse des taxis de banlieue aller de Roissy à Paris, le montant de la course sera plus élevé. « Si cet amendement poursuit son chemin, ce sera la goutte d'eau qui fera déborder le vase ! »

Une colère qu'Annick Lepetit, adjointe au maire de Paris en charge des transports, comprend : « Certains se sont endettés sur des années pour pouvoir acheter leur licence, qui vaut plus cher que celle des autres taxis et va donc complètement perdre de sa valeur. »

« Un équilibre à trouver, pour les uns et les autres »

Les députés à l'origine du texte estiment de leur côté que moins de taxis à Roissy, ça permettra d'augmenter le nombre de taxis dans la capitale qui en manque cruellement, notamment aux heures de pointe. Et Yanick Paternotte, député-maire UMP de Sannois dans le Val-d'Oise, co-auteur de cet amendement, d'ajouter : « Aujourd'hui, quand vous attendez un taxi à Roissy et que vous habitez le Val d'Oise par exemple, on vous refuse la course, on vous dit : non, ça ne m'intéresse pas, je ne prends que les gens qui vont dans Paris intra-muros. Parce que ça permet d'avoir une facture forte. La liberté d'exercice des artisans taxis doit être respectée ; il y a un équilibre à trouver... pour les uns et les autres. »

Mais le gouvernement se prononce d'ores et déjà pour le maintien de la réglementation actuelle dans les taxis parisiens. Il faudra cependant que la majorité fasse adopter en séance publique à l'Assemblée un autre amendement pour supprimer celui-ci.

La rédaction, avec Christophe Bordet