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Eurotunnel: Valls affirmera à Cameron que la décision sur MyFerryLink est "inacceptable"

Jacques Gounon était l'invité de BFM Business, ce vendredi 6 juin.

Jacques Gounon était l'invité de BFM Business, ce vendredi 6 juin. - -

Jacques Gounon, le PDG d'Eurotunnel, était l'invité de BFM Business ce vendredi 6 juin. Il est revenu sur la décision du Conseil de la concurrence britannique qui a interdit l'accès au port de Douvres à MyFerryLink. Il a révélé que le Premier ministre allait plaider sa cause auprès de David Cameron.

Les célébrations des 70 ans du débarquement allié de 1944 sur les plages de Normandie battent leur plein, ce vendredi 6 juin. La Reine Elisabeth II s'est jointe aux cérémonies en France et, avant de prendre l'Eurostar pour rallier Paris, jeudi 5 juin, elle a inauguré une plaque commémorative de l'ouverture du tunnel sous la Manche, il y a vingt ans.

Invité de BFM Business ce vendredi 6 juin, le PDG d'Eurotunnel Jacques Gounon s'est réjoui de cette péripétie. "Le fait que la Reine Elisabeth célèbre le vingtième anniversaire a un impact commercial. On ne se rend pas compte à quel point cela représente un message d'une force exceptionnelle".

Mais Jacques Gounon est surtout revenu sur l'actualité de son entreprise. Le 20 mai, le Conseil de la concurrence britannique a interdit à la compagnie maritime MyFerryLink, détenue par Eurotunnel, l'accès au port de Douvres. Ce qui l'empêche ainsi de faire la liaison avec Calais et remet en cause l'activité de l'entreprise.

"Manuel Valls, que j'ai vu hier, va aujourd'hui parler à David Cameron de ce sujet en disant que ce n'est pas acceptable pour la France", a annoncé Jacques Gounon.

"Un gentlemen agreement"'

"J'ai saisi le commissaire européen à la Concurrence, Monsieur Almunia, en disant que même si ce n'est pas du niveau européen nous sommes dans une aberration, avec deux autorités de la concurrence, françaises et britanniques, qui prennent un avis totalement opposé sur le même sujet. Je lui ai demandé une mission de bons offices. Et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Harlem Désir, va pousser ce dossier au niveau européen", a-t-il détaillé. "Il faut trouver un accord, un gentlemen agreement, entre les deux parties", a-t-il lancé.

L'Autorité de la concurrence britannique fait notamment valoir qu'Eurotunnel serait en situation de force à la fois sous et sur la mer, ce qui pourrait amener l'une des deux sociétés britanniques de ferry transmanche à être affaiblie voire à disparaître.

Jacques Gounon répond que "Le marché est là. Quand vous faites de la prospective, vous vous apercevez qu'il y a de la place pour trois opérateurs maritimes et un Eurotunnel, même extrêmement puissant".

J.M.