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Et si General Motors mettait des bâtons dans les roues d'Uber?

GM ne compte pas rester sur le bas côté d'un marché automobile en plein mutation.

GM ne compte pas rester sur le bas côté d'un marché automobile en plein mutation. - BILL PUGLIANO / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La maison-mère d'Opel, Chevrolet et Cadillac vient de mettre la main sur un petit concurrent d'Uber en faillite et d'en récupérer les salariés. De quoi conforter sa stratégie de développement dans le transport de personnes et le co-voiturage.

Sidecar, une entreprise spécialisée dans le partage de trajets en voitures dans une dizaine de villes américaines. Une application qui propose aux automobilistes de prendre d'autres passagers qui en feraient la demande. La start-up s'était ensuite diversifiée dans le covoiturage et la livraison. Le montant de l'acquisition n'est pas connu, Bloomberg avance que GM aurait versé 30 millions de dollars pour récupérer la société qui avait déposé le bilan en fin d'année dernière.

Le géant de Détroit acquiert ainsi des technologies, des actifs, et des salariés maîtrisant les technologies nécessaires au développement de l'auto-partage et du transport de personnes. De petites pierres semées sur le chemin qui doit mener le constructeur américain vers les deux objectifs qu'il s'est assignés: devenir un acteur majeur du transport de personnes et de la voiture autonome. Le premier sert le second, puisque GM entend optimiser les systèmes de sa future voiture sans chauffeur grâce aux données récupérées sur des voitures déjà en circulation.

Pas question de laisser le champ libre à Uber

General Motors déploie son plan tranquillement mais sûrement. La semaine dernière, en marge du CES, le groupe a annoncé avoir investi dans Lyft, le principal concurrent d'Uber aux États-Unis, pour 500 millions de dollars. Une somme colossale. Les deux groupes prévoient de développer conjointement un véhicule autonome, et aussi de proposer aux consommateurs ayant acheté leur véhicule à crédit de le louer pour en partager les coûts.

Les salariés de Sydecar seront d'ailleurs intégrés aux équipes de Lyft pour travailler sur la mobilité et le développement d'une flotte de voitures autonomes qui pourraient être proposées à la demande aux consommateurs.

GM, comme d'autres constructeurs automobiles, tente ainsi d'anticiper le changement de la relation des consommateurs à la voiture dans un avenir plus ou moins proche. Le géant américain est bien décidé à ne pas laisser la place nette à Uber, qui travaille aussi sur la voiture autonome. Un moyen de dire au leader mondial du VTC que s'il vient marcher sur les plates-bandes des constructeurs, ces derniers ne comptent pas se laisser grappiller leur marché sans rien faire.

N.G.