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Enquête pour corruption: Airbus risque "d'importantes pénalités"

Tom Enders craint que l'enquête en cours ait de lourdes conséquences sur Airbus.

Tom Enders craint que l'enquête en cours ait de lourdes conséquences sur Airbus. - Niklas Hallen - AFP

Tom Enders, le patron de l'avionneur européen, a prévenu que les conséquences des enquêtes en cours pourraient être lourdes.

"Nous faisons l'objet d'enquêtes pour présomption de violation des lois anti-corruption" et il y a "un risque d'importantes pénalités pour l'entreprise" craint le président exécutif d'Airbus Tom Enders dans une lettre adressée ce vendredi à tous les salariés du groupe.

"Cette situation est due à notre décision, prise l'an dernier, de déclarer aux autorités et agences gouvernementales des inexactitudes que nous avions nous-mêmes découvertes. Cette décision était la bonne", souligne-t-il dans ce courrier, dont l'AFP s'est procuré une copie.

Pour le président d'Airbus, cette déclaration avec, rappelle-t-il, "l'appui total" du conseil d'administration", était la seule "ligne de conduite" possible pour le groupe car "conforme" aux "valeurs", aux "standards d'éthiques" et aux "règles de conformité" de l'entreprise.

"Toutefois le processus sera long et de sérieuses conséquences ne sont pas à exclure, notamment le risque d'importantes pénalités pour l'entreprise", souligne-t-il.

Plusieurs enquêtes en cours

Airbus est visé par une série d'enquêtes en Europe dans des affaires de corruption.

En Autriche, Tom Enders figure parmi les personnes visées par une enquête sur un contrat controversé de vente de 18 avions de combat Eurofighter pour 2 milliards d'euros en 2003. A l'époque, il dirigeait la branche défense du groupe EADS, devenu Airbus Group depuis janvier 2014.

Ce même contrat est l'objet d'une enquête en Allemagne où le parquet général de Munich a annoncé vendredi qu'elle serait bientôt bouclée mais que "peu de preuves" d'une corruption étaient réunies pour le moment.

Selon l'hebdomadaire Der Spiegel, les enquêteurs bavarois ont mis au jour les manoeuvres "d'un département parisien" d'Airbus pour créer "des sociétés écrans" autour de son ancienne filiale de maintenance aéronautique qui aurait permis de verser des pots de vin à des décideurs autrichiens.

Airbus fait par ailleurs l'objet d'une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) en France concernant des soupçons de corruption dans les activités d'aviation civile au Royaume-Uni, où une enquête est également en cours.

En août 2016, l'organe britannique chargé de la lutte contre la corruption, le Serious Fraud Office (SFO), avait annoncé l'ouverture d'une enquête pour des soupçons de fraude, de pots-de-vin et de corruption, des "allégations (qui) portent sur des irrégularités concernant des consultants tiers", selon l'organisme.

Y.D. avec AFP