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En Allemagne, des camions semi-autonomes roulent en bande

MAN Truck&Bus et DB Schenker coopèrent pour promouvoir conjointement la conduite automatisée de poids lourds sur autoroute.

MAN Truck&Bus et DB Schenker coopèrent pour promouvoir conjointement la conduite automatisée de poids lourds sur autoroute. - MAN Truck&Bus

Man Truck & Bus fait circuler en Bavière, avec le logisticien DB Schenker, des camions semi-autonomes connectés et pilotés en convoi sur autoroute. Prélude à la conduite "autonome", ce peloton de poids lourds réduit les embouteillages et la consommation de carburant.

Alors qu'Uber est bien avancé dans ses expérimentations de camion autonome, c'est un test grandeur nature auquel procèdent en Allemagne le constructeur Man Truck&Bus (filiale du groupe Volkswagen) et le logisticien DB Schenker. Ensemble ils vont faire rouler des camions semi-autonomes en mini-convois ou peloton ("truck platoon") de 2 à 3 véhicules sur les 145 km de l'autoroute A9 reliant Münich et Nuremberg.

Dans chaque camion, il y aura bien un chauffeur capable de prendre le volant à tout instant. Lorsqu'ils seront en mode "semi-autonome", ces camions échangeront des informations. Le véhicule de tête fixe l'allure et le cap, les autres reçoivent ces données en direct et peuvent le suivre de très près. 

Ces camions rouleront à vide jusqu'au mois d'août 2018 avant de commencer des rotations quotidiennes entre les deux villes bavaroises, en transportant du fret. Le projet est financé par le gouvernement fédéral allemand à hauteur de 2 millions d'euros,

L'effet "peloton" procure un meilleur aérodynamisme

Ces mini-convois de 2 à 3 camions seront a priori plus sûrs. Les véhicules pourront freiner simultanément en cas de danger. L’effet "peloton", bien connu des cyclistes, procure un meilleur aérodynamisme à l'ensemble, ce qui devrait réduire significativement la consommation de carburant. Enfin, en évitant la circulation en "accordéon" (freinage, accélération, freinage...), la circulation est fluidifiée et cela réduit les embouteillages. 

L'aspect humain est aussi pris en compte par les partenaires du projet. De l'acceptation sociale de ce mode de conduite en réseau aux effets psychosociaux et neurophysiologiques de la nouvelle technologie sur les conducteurs seront étudiés par l'université privée Fresenius, associée à cette expérimentation.

Frédéric Bergé