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DS : «Il n’y avait plus de marques automobiles haut de gamme françaises»

A l’heure où les constructeurs automobiles doivent composer avec un ralentissement mondial, certains acteurs haut de gamme parviennent à tirer leur épingle du jeu. Yves Bonnefont, directeur général de la marque DS, en sait quelque chose…

En 2019, les professionnels du secteur s’attendent à une contraction de 1,5% du marché automobile européen. Une tendance qui n’avait plus été observée depuis 6 ans. S’il convient de ne pas passer outre l’information, il importe aussi de ne pas en faire une généralité. Pourquoi ? Parce que l’essor de marques automobiles premium à l’instar de la petite protégée du groupe PSA (DS Automobiles) attestent tout simplement du contraire.

Une « success story » à la française que le patron de la marque, Yves Bonnefont, invité dans l'émission Good Morning Business ce vendredi 26 juillet, explique de cette manière : « La marque DS incarne la montée en gamme du groupe PSA et ça marche ! Les ventes de DS ont progressé de 1,5% au premier semestre 2019 tandis que les ventes en volume pour l’ensemble de PSA ont reculé de presque 13% », estime-t-il.

Et de poursuivre : « La recette du succès, c’est vraiment la création d’une marque automobile unique. Il n’y avait plus de marques automobiles haut de gamme françaises depuis la seconde guerre mondiale. Nous, on a pris le parti de se dire que la France réussit dans le luxe dans tous les domaines. Pourquoi pas dans l’automobile ? Et donc on s’est dit que nous allions construire une marque haut de gamme française. On voit que lorsque l’on réunit des savoir-faire exceptionnels dans notre pays avec les meilleures technologies automobiles, ça fonctionne ».

Pour Yves Bonnefont, il est clair que « le haut de gamme partout dans le monde croît plus vite que le marché en général. Ça, c’est une tendance de fonds mondiale qui ne se dément pas depuis une dizaine d’années. Ce qu’il se passe dans un cycle, c’est qu’en général le premium baisse un petit peu plus vite au départ et reprend ensuite beaucoup plus rapidement », pointe le directeur général de DS.

L’art et la manière

A la question : « Comment un groupe automobile français peut-il se faire une place en Europe dans un secteur du haut de gamme dominé par les allemands ? Yves Bonnefont répond qu’il convient de s’y atteler non seulement au travers de « produits exceptionnels » mais également de « services ».

La stratégie de DS reposant, précise-t-il, sur trois piliers. A commencer par le lancement d’un nouveau produit par an « avec le meilleur niveau technologique, une gamme entière électrifiée ainsi qu’un supplément d’âme, un savoir-faire français que nous avons dans nos racines. On le met dans nos voitures et cela fait des produits exceptionnels ».