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Domicile-travail ou longue distance: le covoiturage a moins la cote

VIDÉO - Trop contraignant sur les trajets quotidiens, concurrencé par les autocars Macron sur les longues distances, le covoiturage semble avoir un coup de pompe dans l'Hexagone.

Profiter de la grève des cheminots. Alors que de nombreuses plateformes se sont lancées ces derniers mois sur le covoiturage quotidien (comme Blablacar avec Blablalines), l'initiative de la Région Ile-de-France pourrait donner un coup de projecteur à ces services.

Valérie Pécresse l’a annoncé ce vendredi, elle veut pousser le covoiturage pour pallier le déficit de train. Et la présidente de la région Ile-de-France veut qu’il soit totalement gratuit pour l’usager. Pour cela, elle a fait appel à huit partenaires comme Blablalines, IDVRoom ou OUIhop spécialisés dans le covoiturage quotidien. Les chauffeurs inscrits sur ces plateformes qui souhaitent y participer seront rémunérés 10 centimes du kilomètre par la Région. Les personnes intéressées doivent s'inscrire que le site Vianavigo.

Seulement 3% des Français font du covoiturage quotidien

L'opération permettra-t-elle au covoiturage quotidien domicile-travail à enfin décoller? Car pour le moment, il semble un peu patiner. Il faut savoir que 13,5 millions de Français se rendent chaque jour au travail en voiture mais seulement 3% pratiquent le covoiturage. Le système est en effet jugé trop contraignant. Pour les conducteurs tout d’abord qui sont réticents à faire des détours au quotidien pour prendre un passager. Et pour les passagers aussi qui eux craignent de ne pas avoir de solution pour rentrer le soir. Et puis il y a les horaires qui ne coïncident pas toujours. Bref le covoiturage courte distance patine encore.

L'échec de la start-up Sharette sélectionnée par la RATP pour pallier la fermeture estivale du RER A est symptomatique. La société avait du cesser son activité faute de conducteur quelques mois après son lancement. D'autre se sont pourtant lancées sur le créneau comme la start-up WayzUp qui elle s'appuie sur les entreprises pour inciter les salariés à utiliser cette plateforme. Mais pour que le service soit efficace il faut là aussi atteindre une masse critique d'utilisateur au sein de l'entreprise pour couvrir l'ensemble des trajet, soit entre 300 et 500 salariés.

Près de 7 millions de voyageurs en autocar

Et si le covoiturage patine sur les trajets quotidiens, il semble aussi avoir moins la cote sur les long trajets. La faute cette fois à la concurrence des autocars Macron qui continuent à gagner de nombreux clients. En 2017 ce sont près de 7 millions de Français qui ont ainsi voyagé en autobus. Des voyageurs qui pour 25% assurent avoir délaisser les sites de covoiturage.

Car l’autocar est perçu comme plus pratique (vous n’êtes pas obligé par exemple de faire la discussion au chauffeur) et surtout moins cher. Nous avons testé par exemple un Paris-Lyon pour le jeudi 22 mars. Il faut comptez aux alentours de 35 euros sur un site de covoiturage contre une vingtaine d'euros pour le même transport en autocar. Le calcul est vite fait pour les passagers.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco