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Diesel Volkswagen: l'heure de la braderie n'a pas sonné

Si les annonces sont un peu plus nombreuses qu’habituellement, les tarifs eux ne reflètent pas la hâte de se débarrasser de leur voiture.

Si les annonces sont un peu plus nombreuses qu’habituellement, les tarifs eux ne reflètent pas la hâte de se débarrasser de leur voiture. - Volkswagen

Malgré le scandale qui secoue Volkswagen, les Français qui possèdent un TDI de l'une des marques du groupe ne sont pas prêts à le brader.

Avant de savoir ce qu’il va advenir du groupe Volkswagen, les possesseurs d’autos équipées du moteur impliqué dans le scandale s’interrogent sur la suite des événements. La cote de leur véhicule va-t-elle chuter? Pourront-ils encore la revendre sur le marché de l’occasion et, si oui, faut-il la vendre au plus vite?

Autant de questions légitimes, parce que la plupart des possesseurs de diesel VW savent que même avec quelques années et un fort kilométrage, ces modèles ont la cote auprès des acheteurs qui n’hésitent pas à les payer au prix fort. La question est désormais de savoir si cette situation va durer.

En France, l’affaire concerne 1,2 million de voitures. Ce parc se compose de tous les modèles du groupe allemand (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda) commercialisés entre 2009 et 2015 et équipés de moteurs TDI sous la norme Euro 5 en 1.2, 1.6 et 2.0 litres.

"Encore beaucoup de confusion"

Christophe Winkelmuller, patron du réseau Agence Automobilière, constate les premiers effets sur son activité de vente et d’achat de véhicules d’occasion. "Nos clients en parlent beaucoup, mais il y a beaucoup de confusion, remarque le professionnel. Peu de gens ont conscience que le problème touche le groupe Volkswagen et pas seulement la marque. Certains parlent même de passer de Volkswagen à Audi sans savoir que ces deux modèles sont dotés du même bloc moteur."

Dans les agences, les équipes commerciales constatent des signes qui montrent que l’inquiétude chez les clients n’est pas à son comble. Cette semaine, deux possesseurs de Polo achetées il y a trois mois veulent s’en séparer au plus vite.

"Cela s’est passé dans notre agence de Montbéliard qui gère chaque mois une cinquantaine de reprises de véhicules toutes marques confondues, précise le dirigeant. Avoir deux Volkswagen en deux jours, c’est peu, mais pour la région, c’est exceptionnel. Certains clients ne veulent pas attendre que le scandale explose et de ne plus pouvoir vendre leur voiture. Mais, à part ces exceptions, dans nos autres agences, la demande se maintient en Volkswagen d'occasion et les prix aussi."

Sur Le Bon Coin, les effets sont aussi légers. Depuis ce lundi 5 octobre, 66 Volkswagen TDI ont été mises en vente en Lorraine. À titre de comparaison, sur le même site et sur la même région, il y a eu 80 Peugeot HDI mises en vente entre le 5 et le 6 octobre. En Franche-Comté, région qui abrite le groupe PSA à Sochaux, le rapport est de 75 Peugeot HDI pour 21 VW TDI.

Les inquiétudes portent sur le neuf

Quant à l’inquiétude de ne plus pouvoir vendre sa voiture et d’être contraint de la brader, les Français gardent la tête froide comme on le constate sur le forum du site Caradisiac. Le message de Jon421 reflète plutôt bien l’ambiance générale: "VW a triché, c'est pas bien. Mais, franchement, j'ai acheté une Golf neuve 1.6 TDI Bluemotion 105ch en 2010, qui doit donc être impactée par ce logiciel. […] J'ai une bonne voiture, point! Pas question qu'on y touche. […] Quant à porter plainte contre VW pour demander une indemnisation, le remplacement du véhicule ou le remboursement au prix d'achat...il faut juste arrêter d'être ridicule!" Clair et net !

Quant aux annonces, elles sont en effet un peu plus nombreuses qu’habituellement, mais les tarifs eux ne reflètent pas la hâte de se débarrasser de leur voiture. D’ailleurs, dans la plupart des cas, les prix sont supérieurs à ceux de l’argus, preuve que le TDI garde la cote.

Pour les professionnels, les conséquences pourraient d’abord toucher le marché du neuf. Le 25 septembre, quelques jours après la découverte du scandale, l'économiste Heinz-Joseph Bontrup, professeur à la Westphälische Hochschule, indiquait à Challenges qu’en Allemagne, "il ne se [vendait] plus aucun véhicule diesel depuis le début de la semaine".

La crainte de voir les flottes de véhicules d’entreprise tourner le dos au constructeur allemand est un risque que Volkswagen se prépare déjà à assumer.

Nos dossiers sur l'affaire Volkswagen et sur les marques automobiles préférées des Français.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco