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Des "mercenaires" pour protéger les navires de commerce français

La prévention contre les pirates coûte très cher aux armateurs.

La prévention contre les pirates coûte très cher aux armateurs. - -

Les navires à pavillon français pourront être protégés par des agents de sécurité privés. Un projet de loi présenté au Conseil des ministres ce vendredi 2 janvier, va l'autoriser. Il s'agit d'une revendication des armateurs.

Des mercenaires pour remplacer l'armée française: un projet de loi contre la piraterie maritime, présenté par le ministre des transports, Frédéric Cuvillier, en Conseil des ministres ce vendredi 2 janvier, autorisera la présence d'"agents de sécurité privés" à bord des navires sous pavillon français.

Un moyen de limiter les frais pour les armateurs français. Selon Eric Banel, délégué général d'Armateurs de France, interrogé par BFM Business, les frais liés à la piraterie s'élèvent à 6 milliards d'euros, une somme qu'il qualifie de "colossale".

En novembre, la Banque Mondiale avait révélé qu'entre 2005 et 2012, 330 millions de dollars de rançons avaient été versés. Mais les frais de prévention sont donc autrement plus élevés.

Et quand les navires font appel à l'armée française, ils ne sont pas exempts de coûts: "Il faut payer l'acheminement des soldats, le coût de leurs armes, et leur rapatriement en métropole à la fin du voyage", énumère Eric Banel.

L'Afrique de l'Ouest plus dangereuse que la Somalie

Depuis la relative sécurisation des eaux somaliennes, l'Atlantique, au large de l'Afrique de l'Ouest, est la zone maritime la plus dangereuse du monde. Un risque né de l'instabilité au Nigéria, et qui inquiète particulièrement l'Europe, qui réalise beaucoup d'échanges dans la région.

Les armateurs demandent donc la privatisation de la protection, comme c'est déjà le cas au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Jean-Marc Ayrault s'était déjà prononcé en faveur de cette mesure, le 3 décembre 2013.

Mais Eric Banel rappelle que d'autres frais sont à prendre en compte. "On accélère quand on traverse une zone à risque. Le surcoût du carburant représente 2 milliards d'euros", soit près du tiers des frais de prévention, explique-t-il.

J.S et BFM Business