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Crash Germanwings: l'Europe souhaite un suivi renforcé des pilotes

Pilote de ligne (photo d'illustration).

Pilote de ligne (photo d'illustration). - Saul Loeb - AFP

Près d'un an et demi après le crash volontaire d'un vol Germanwings, l'Agence européenne de sécurité aérienne a transmis ses recommandations à la Commission européenne. Elles serviront de base à une nouvelle réglementation.

Que faire pour éviter un nouveau crash volontairement? Près d'un an et demi après qu'un copilote ait écrasé un A320 de Germanwings dans les Alpes françaises, provoquant la mort de 149 personnes, l'Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) a officialisé, mardi, ses recommandations. Ces propositions, transmises à la Commission européenne, devraient déboucher sur des nouvelles mesures réglementaires européennes, courant 2017.

> Examen psychologique systématique et dépistages de drogues

La principale nouveauté proposée par l'agence réside en l'instauration d'une "évaluation exhaustive de la santé mentale" des pilotes qui serait obligatoire et préalable à la délivrance de leur licence. Pour l'instant, l'examen psychologique des pilotes est laissé à l'appréciation des médecins qui peuvent, ou non, le demander en complément des examens d'aptitude physique. L'AESA recommande également "l'introduction de dépistages de drogues et d'alcool".

> Contrôle des médecins

Le renforcement du suivi des pilotes pourrait également passer par l'amélioration de la formation et de la supervision des médecins qui les suivent. L'agence souhaite notamment prévenir les tentatives de fraudes en obligeant les centres d'examens médicaux pour pilotes à signaler les examens incomplets.

> La présence de deux personnes dans le cockpit appréciée au cas par cas

La question de la présence à tout instant d'un deuxième membre d'équipage dans le cockpit n'est pas finalement pas actée. Alors que cette présence avait été recommandée dès mars 2015, l'AESA a revu sa copie après consultation du secteur aérien. Elle conseille désormais aux compagnies d'estimer au cas par cas le risque lié à la présence d'une seule personne dans le cockpit. Ce que résume ainsi un porte-parole de l'agence: 

"L'évaluation du risque peut être résumée ainsi: à quel point connaissez-vous votre équipage et à quel point contrôlez-vous le risque dans votre organisation? (...) [Cette évaluation] "peut conduire l'opérateur à exiger deux personnes autorisées dans la cabine de pilotage à tout moment."

L'AESA avait été chargée par la Commission européenne de repérer les failles ayant permis au copilote Andreas Lubit, qui s'était enfermé seul dans le cockpi, d'écraser volontairement l'A320 reliant Barcelone à Düsseldorf le 24 mars 2015. Âgé de 27 ans, il avait souffert par le passé de graves troubles psychologiques.

Ma. G. avec AFP