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Coronavirus: 29 milliards de dollars de manque à gagner pour les compagnies aériennes

Un avion de British Airways (photo d'illustration)

Un avion de British Airways (photo d'illustration) - Ben Stansall - AFP

Entre les annulations des vols domestiques en Chine et des liaisons des compagnies étrangères, la note commence à être salée pour les compagnies aériennes. Le trafic mondial pourrait se replier cette année, une première depuis 2003.

L’Association internationale du transport aérien (IATA) a sorti sa calculatrice et le résultat fait mal. L'épidémie de coronavirus pourrait provoquer un manque à gagner de 27,8 milliards de dollars pour les compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique dont 12,8 milliards sur le seul marché intérieur chinois. Si on ajoute les pertes des compagnies étrangères (1,5 milliard de dollars) la note s'élève à 29,3 milliards de dollars.

La baisse nette du nombre de passagers par rapport à 2019 pourrait être de 8,2% en 2020 dans la région Asie-Pacifique, estime l'Association. Le trafic mondial pourrait alors se replier de 4,7%, une première depuis la crise du SRAS en 2003.

En cause principalement, les nombreuses annulations des vols domestiques en Chine (10,4 millions de sièges) et des liaisons vers et depuis le pays des compagnies étrangères (1,4 million de sièges) selon le cabinet OAG Aviation Worldwide cité par le quotidien Les Echos.

150 à 200 millions d'euros pour Air France

Le trafic aérien chinois a ainsi fondu comme neige au soleil en l'espace de quelques semaines au point de tomber au 25e rang mondial. "Aucun événement n'a eu un effet aussi dévastateur sur les capacités globales que le coronavirus", commente John Grant, analyste chez OAG.

Air France a également évalué les pertes de recettes imputables à l'épidémie de coronavirus, elles s'élèvent à à plus de 150/200 millions d'euros. "Sous l'hypothèse d'une reprise progressive des opérations à partir d'avril, l'impact estimé du Covid-19 sur le résultat d'exploitation est de -150 à -200 millions d'euros entre février et avril", a détaillé le groupe dans un communiqué.

Impact en forme de V

Le groupe Air France-KLM avait initialement annoncé le 6 février que les vols de ses compagnies reprendraient de manière progressive à partir du 16 mars, "de et vers Shanghai et Pékin en assurant en alternance un vol quotidien vers chaque destination".

Les deux compagnies envisageaient alors un "retour au programme de vols normal" le 29 mars, tout comme la desserte de la ville de Wuhan.

Pour autant, rien n'est joué et l'association IATA prévient: "ces estimations sont basées sur un scénario où COVID-19 a un impact en forme de V sur la demande similaire à celui observé pendant le SRAS. Cela a été caractérisé par une période de six mois avec une forte baisse suivie d'une reprise tout aussi rapide".

"Ce sera une année très difficile pour les compagnies aériennes", conclut Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Olivier Chicheportiche